Perpignan : des projections quotidiennes de produits illicites par-dessus les murs de la prison depuis le confinement

C'est un coup de gueule que lance le syndicat UFAP/UNSA Justice Perpignan ce samedi 11 avril : depuis le début du confinement et la suspension des parloirs, l'établissement pénitentiaire reçoit tous les jours "une pluie ininterrompue de projections" en son sein.
L'installation des filets anti-projections est à l'arrêt à la prison de Perpignan, au grand dam du syndicat UFAP/UNSA Justice.
L'installation des filets anti-projections est à l'arrêt à la prison de Perpignan, au grand dam du syndicat UFAP/UNSA Justice. © Michel Clementz / MAXPPP
La fermeture des parloirs, mise en place en même temps que le confinement le mardi 17 avril, a laissé place à de nouveaux comportements inciviques voire illégaux aux portes de la prison de Perpignan.

Selon le syndicat UFAP/UNSA Justice, les projections extérieures de produits illicites se multiplient et deviennent quotidiennes depuis ces dernières semaines : lancées depuis la voie publique au-dessus des murs de la prison, leurs émetteurs ont bon espoir que ces projections atterrissent entre les mains des détenus.

Pochons de drogue, téléphones avec chargeur ou encore sacs de viande fraîche : voici quelques exemples de la collection de produits interceptés par le personnel pénitentiaire, qui ne peut interpeler les fautifs.

"La plupart de ces projections arrivent sur le terrain de sport", explique Pierre Grousset, représentant du syndicat perpignanais. "Elles sont souvent balancées pendant les heures de promenade par d'anciens détenus, qui connaissent bien la prison."

Par ailleurs, certains individus n'hésitent pas "à monter sur les voitures du personnel", garées sur le parking de la prison, pour jeter leur butin, précise le syndicat. 
 

Les filets anti-projections, une solution ?

L'installation de filets anti-projections autour de la prison avait débuté il y a quelques mois. Mais les travaux ont été interrompus par son directeur, selon le syndicat UFAP/UNSA, qui affirme de son côté avoir en tête quelques "propositions concrètes simples et peu coûteuses" pour colmater les brèches.

"Les barbelés n'arrêtent pas les individus", grince Pierre Grousset. "Ils trouvent une façon de passer au-dessus en disposant des couvertures, donc il est urgent d'agir."
 

L'inquiétude et le ras-le-bol du personnel pénitentiaire

"On a vraiment l'impression que le confinement n'est pas le même pour tout le monde", poursuit le responsable, qui en appelle désormais aux autorités pour arrêter ces fauteurs de troubles. 

Le 27 mars dernier, le personnel pénitentiaire avait déjà dû contenir la tentative d'évasion d'un détenu pendant des examens à l'hôpital de Perpignan.  "Nous avons aussi retrouvé récemment des couteaux en détention. Il faut que tout cela cesse", conclut Pierre Grousset.
 
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