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Pyrénées-Orientales : élections municipales 2020, les victoires et les échecs de gauche

Ce dimanche, les électeurs de 39 communes des Pyrénées-Orientales ont été appelés aux urnes, pour le second tour des municipales. Zoom sur les communes qui étaient sous tension ces derniers jours.
 

© FTV
Si le second tour des municipales marque un tournant pour la ville de Perpignan avec la victoire de Louis Aliot, d’autres communes du Pays Catalan ont créé la surprise.

Millas, Amélie-les-Bains, Toulouges « envoient valser » le PS

C’est un coup dur pour Damienne Beffara, la maire sortante de Millas, mais le résultat est sans appel. Avec 45,67% des suffrages exprimés en faveur de son adversaire,  l’élue PS, à la tête de la ville depuis 19 ans, s’incline au terme d’une triangulaire face à Jacques Garsau, divers, qui s’impose nettement avec 838 voix. Une victoire qui met fin à presque 50 ans de gouvernance sociale, dans ce qui fut le bastion de l’ancien Président du Conseil Régional de Languedoc-Roussillon, Christian Bourquin qui a été maire de Millas de 1995 à 2001.

Schéma semblable à Amélie-les-Bains où c’est la candidate sans étiquette, Marie Costa, qui rafle la mise. Arrivée en tête avec 1022 voix, soit 53,93% des suffrages exprimés, Costa bat le maire socialiste sortant Alexandre Reynal, en place depuis 2001. Mais pour la nouvelle élue, le temps n’est pas à l’autosatisfaction.

C’est surtout un grand soulagement parce que j’aime mon pays, j’aime mon Vallespir, j’aime Amélie et je crois qu’on va enfin pouvoir construire quelque chose qui ressemble à un avenir. Et je tiens à ce que toutes les sensibilités soient représentées avec une très large démocratie participative.

Marie Costa devient la nouvelle maire d'Amélie-les-Bains
Marie Costa devient la nouvelle maire d'Amélie-les-Bains © Joan Lopez/FTV

Après une campagne très difficile que la maire qualifie même « d’assez sale sur la fin d’ailleurs » elle retient surtout l’image d’une campagne hors-norme de longue haleine.

9 mois de campagne, c’est énorme. Moi-même, je n’avais porté ma fille que 6. Il a donc fallu que je m’habitue à une gestation un peu longue.


C’est certainement avec moins d’humour que le socialiste Jean Roque accuse la perte de son fauteuil de premier magistrat après seulement un unique mandat. Dans la commune de Toulouges, c’est un illustre inconnu en politique, Nicolas Barthe, divers, et sa liste « Pour vous toulougiens » qui a largement convaincu les électeurs qui lui ont accordé 1453 voix, soit 47,33% des suffrages exprimés. Le maire sortant PS Jean Roque paye peut-être là les frais de son soutien actif auprès du député de la 1ère circonscription des P.O., Romain Grau de LaREM. C’est d’ailleurs à Toulouges que ce dernier avait choisi de lancer sa campagne, ratée, pour les municipales 2020 sur Perpignan. Toulouges a, pour rappel, longtemps été considéré comme un fief socialiste. Louis Caseilles, prédécesseur de Jean Roque, a quant à lui occupé le poste de maire durant 37 ans, quand même.

Sortie de 3 conseillers départementaux

Hermeline Malherbe, présidente du conseil départemental des P.O.
Hermeline Malherbe, présidente du conseil départemental des P.O. © FTV

Interpellée, Hermeline Malherbe, élue PS et présidente du conseil départemental des Pyrénées-Orientales encaisse notamment ce dimanche la perte de trois bastions socialistes : Toulouges, Amélie et Millas. Il faut dire que ces communes avaient chacune à leur tête des conseillers départementaux. Un revers que la n°1 du département veut « prendre le temps d’analyser ».

Il faut prendre le temps d’analyser et de se projeter. Nous n’avons pas que des échecs, grâce à Céret, Cerbère, Le Boulou, Bages… En mettant en place un dialogue citoyen avec l’ensemble des forces politiques, nous pourrons arriver à créer une nouvelle force politique, c’est porteur d’espoir. Il y a de la déception mais on reste combatif.

Elne remet la barre à gauche

Reprendre les commandes d’Elne, il y travaille depuis 6 ans. Nicolas Garcia (divers gauche) revient sur le devant de la scène politique sur la commune d’Elne avec plus de 54% des voix. Un deuxième tour qui a confirmé les tendances qui s’étaient dégagées le 15 mars dernier. Garcia avait alors manqué de quelques voix une élection dès le premier round. Après une campagne mouvementée et dans une ambiance très tendue, les illibériens ont tranché. Leur choix s’est exprimé en force avec seulement 38% d’abstention, très loin de la moyenne nationale dont la barre se situe plutôt aux alentours des 59%.

Affiche de campagne de la liste du nouveau maire d'Elne, Nicolas Garcia.
Affiche de campagne de la liste du nouveau maire d'Elne, Nicolas Garcia. © Cyril Tricot


Les électeurs ont fait confiance au programme de Comm’une idée neuve, la liste d’union des forces de gauche et catalanistes menée par celui qui fut durant deux mandats et jusqu’en 2014, le maire communiste Nicolas Garcia. Une victoire sur Yves Barniol, maire sortant sans étiquette, que le tout nouveau successeur ne considère pas comme une revanche.
 

Cette victoire résonne comme une envie d’essayer de changer la manière de faire de la politique au moins au plan local. Ce qui m’a intéressé, c’est de voir si on peut gagner des paris sur l’intervention citoyenne, sur le vivre ensemble au moment où la société se délite. Et si on peut changer le rapport à l’environnement de nos communes et de nos citoyens … c’est ça le challenge. Je me sens comme quelqu’un de neuf, porteur d’idées nouvelles avec un collectif.


Pour l’ancien maire, Yves Barniol, par contre c’est la douche froide. Et, selon nos confrères de L’indépendant, c’est la gorge serrée qu’il s’est exprimé ce dimanche soir.

C’est une immense déception, nous avons sorti cette ville d’une situation catastrophique laissée par mon prédécesseur. Je pensais que les illibériens avaient compris. J’espère que les promesses annoncées seront tenues, je souhaite bon vent à la nouvelle équipe, mais je suis très inquiet pour l’avenir.


C’est au contraire avec beaucoup d’espoir et notamment celui de faire revenir les gens vers la politique que le nouveau maire, Nicolas Garcia décline ses premiers chantiers.
 

La première chose à faire, c’est ouvrir la Mairie aux gens. Il faut que les élus soient des élus de proximité, qu’ils aillent sur le terrain, sortir du bunker. Ensuite, il y a des projets importants comme celui de changer totalement, en 6 ans, la physionomie et l’ambiance du cœur de ville avec un effort sur le marché. L’urgence c’est aussi le centre de santé avec des médecins salariés. Aujourd’hui, on a déjà du mal à trouver un médecin mais dans deux ans il va en manquer 5 ou 6 à Elne. Nous avons également tout un projet autour du sport-santé-loisir en face l’ancien collège. Et des partenariats pour soutenir nos producteurs locaux.

 

Situation insolite à Villelongue-de-la-Salanque

La Salanque aura décidemment fait couler beaucoup d’encre lors de ces élections municipales. Rivesaltes, Pia, Claira, Saint-Laurent-de-la-Salanque … la campagne aura été rude et les tensions nombreuses. Mais c’est une situation insolite à Villelongue-de-la-Salanque qui vient ponctuer les municipales dans ce secteur. Avec la même affiche qu’au premier tour, c’est une triangulaire qui s’est présentée au scrutin dimanche. En lice, José Lloret le maire sortant, Corinne Deviers et Whueymar Deffradas. Après compte et recompte des votes, le verdict tombe : égalité parfaite entre les trois candidats. Une situation des plus exceptionnelles. C’est finalement Whueymar Deffradas qui est élu maire de Villelongue, au bénéfice de l’âge, en prenant la moyenne de tous les candidats de chaque liste. José Lloret, maire sortant compterait déposer un recours.

 

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