TEMOIGNAGE. En situation de handicap, elle doit quand même se déplacer pour obtenir sa carte d’identité biométrique

Depuis la mise en service de la nouvelle carte d'identité biométrique en août dernier, la démarche pour faire renouveler ses papiers est devenue très compliquée pour les personnes en situation de handicap. Il faut désormais se déplacer obligatoirement en mairie, une étape nécessaire mais douloureuse pour Valérie Gisclard, atteinte d'une maladie génétique.

Enfin, Valérie Gisclard a pu récupérer son "précieux sésame". Atteinte du syndrome d’Elhers-Danlos, une maladie génétique qui perturbe la mobilité, elle vit d’ordinaire couchée chez elle. La démarche pour obtenir une nouvelle carte d’identité a donc été particulièrement compliquée. Et douloureuse.

"Le fait de m’assoir va me faire bouger les hanches et le bassin, ça va presque me paralyser en fait, je souffre, détaille-t-elle. Donc à chaque fois que je me lève et je m’assois c’est compliqué. Et je souffre énormément." 

Deux déplacements en mairie

Pourtant, il lui a fallu quitter deux fois son domicile et se déplacer jusqu’à la mairie de sa commune, Pollestres, dans les Pyrénées-Orientales, pour obtenir sa nouvelle pièce d’identité. La première fois pour remplir des papiers, et la deuxième pour la récupérer.

Une contrainte justifiée par le haut niveau de sécurité de ce nouveau document biométrique, entré en vigueur en août dernier. Il faut en effet prendre les empreintes digitales du titulaire, à l'aide d'une machine installée dans les mairies.

"Moi j’ai pu venir aujourd’hui car mon aidant est là, explique ce jour-là Valérie Gisclard, sa nouvelle carte d’identité entre les mains. Mais je pense à ceux qui n’ont pas le luxe de pouvoir se déplacer."

Il faut penser à ceux qui ne peuvent pas se déplacer, quel que soit leur âge ou leur dépendance. Il va falloir trouver un moyen de venir à leur domicile car il faut que ces personnes-là ne restent pas sans identité.

Valérie Gisclard

L'Etat interpellé pour trouver une solution

Le maire de Pollestres, Jean-Charles Moriconi, venu la saluer à la mairie, acquiesce en écoutant ces mots. "Le rôle d’un maire c’est aussi d’être un lanceur d’alerte. Donc je veux être un lanceur d’alerte sur ce sujet" annonce-t-il.

L’édile et son administrée en appellent à l’Etat pour mettre en place les moyens d’aider les personnes en situation de handicap à renouveler leurs documents d’identité. "Nous accomplissons un service décentralisé de la préfecture" en délivrant passeports et cartes d’identité, justifie Jean-Charles Moriconi.

Valérie Gisclard espère que leur appel sera entendu, et que dans dix ans, quand elle devra refaire sa carte d'identité, elle n'aura plus à se déplacer.

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