ENTRETIEN. Rugby : Paul Goze prévoit une reprise du Top 14 le 4 septembre

Le président de la ligue nationale de rugby, Paul Goze, nous a accordé un long entretien. Après avoir signé l’arrêt officiel de la saison la semaine dernière, Paul Goze se projette sur l’avenir du rugby. Calendriers, nouveau championnat national et modèle économique. Entretien
 

Paul Goze, président de la ligue nationale de Rugby
Paul Goze, président de la ligue nationale de Rugby © MaxPPP/Michel Clementz

Paul Goze, est ce que le rugby va reprendre en septembre ?

Paul Goze: Oui, sauf problème nous reprenons le vendredi 4 septembre pour le Top 14 et la Pro D2 le 5 septembre.

Quand vous parlez de problèmes ?

Je parle de l’épidémie de Covid 19. Si la tendance actuelle de l’amélioration continue il n’y aura pas de problème pour reprendre en septembre.

Des bruits ont fuité sur un plan B avec une reprise de la saison en décembre ou janvier ?

Non je ne vois pas comment les clubs après avoir vécu trois mois sans rentrée d’argent, comment feraient-ils pour attendre encore. L’autre paramètre, ce sont les contrats de télé et les partenariats. Ils ne peuvent être débloqués qu’à partir du moment où la saison démarre. Les clubs seraient alors en trop grande difficulté économique.

Pourtant une reprise en janvier est souhaitée par world rugby ?

Peut-être mais en France nous avons construit notre championnat comme un vrai feuilleton. Avec des épisodes qui s’étalent sur 9 mois. Il est très important pour nous aussi de ne jamais être en confrontation directe avec les grands rendez-vous sportifs. Si on finit en juillet il y a le Tour de France en Août, les Jeux Olympiques. Le rugby n’y résisterait pas.

« Une finale en août ça tuerait notre rugby »

Une harmonisation mondiale est donc impossible ?

On a des propositions, nous les ferons le 15 juin prochain. Je pense qu’un compromis peut être trouvé. On n’est pas fermé à des changements mais il y a des points forts sur lesquels nous ne dérogerons pas. Commencer en septembre pour nous c’est obligatoire. Un championnat sur 9 à 10 mois pour permettre de fidéliser les supporters, c’est indispensable en France. Notre modèle économique à nous est basé essentiellement sur la billetterie et les hospitalités. Une finale en août alors que les Français sont traditionnellement en vacances on ne peut pas l’envisager.

On va parler de ce nouveau championnat. Pouvez-vous nous en dire plus sur le  National niveau intermédiaire entre la Pro D2 et la federale 1?

Ce championnat nous l’avions proposé il y a quelques années. Alors oui pour nous c’est une bonne chose. Je pense que le palier à franchir sera du coup forcément moins important pour les clubs qui souhaitent intégrer le milieu professionnel. Nous aiderons la fédération française de rugby dans l’organisation de cette nouvelle compétition.

« Je suis inquiet pour la saison prochaine » 

Cette épidémie peut-elle mettre en péril l’économie des clubs ?

Il y a deux réponses. Pour l’exercice en cours, la Ligue a tenu ses paiements. Le chômage partiel et les prêts garantis par l’état ne vont pas mettre pour cette saison en tout cas les clubs en difficulté. Les comptes ont été arrêtés et ils sont bons. Pour la saison prochaine, je suis beaucoup plus inquiet. D’abord reprendrons-nous avec du public ? Avec quelle jauge ? D’autre part les partenaires, eux aussi ont été touchés économiquement par cette épidémie. Ils auront peut-être des difficultés à aider les clubs. Donc oui tout ça ce sont des sources d’inquiétudes.

Ne faut-il pas repenser le modèle économique du rugby français ?

Compte tenu de tous ces éléments  oui bien sûr. Comme je le dis souvent on a augmenté les salaires de 70% en dix ans parce qu’on pouvait se permettre de le faire.  Je pense que le rugby est capable de s’adapter à une nouvelle situation. Devrions-nous repenser le professionnalisme ? Oui peut être.

Vous pensez au fameux double projet pour les joueurs ?

Oui on peut imaginer que les clubs dégagent du temps pour des formations. Que nous les financions aussi. Que nous les aidions plus dans leur reconversion. Bien sûr tout ça est à envisager si  le rugby dans les années à venir génèrent moins de revenus. Et puis les clubs ont déjà réagi, on est plutôt dans une tendance baissière. Le marché des transferts est très calme et c’est normal.

Une reprise en douceur
Saison terminée, mutations rallongées, baisse des salaires. La dernière réunion entre les présidents des clubs professionnels a validé des décisions importantes pour l’avenir du rugby. En voici les détails.

Chaque jeudi depuis le début de la crise sanitaire, les présidents de Top 14 et Pro D2 ont pris l’habitude de se retrouver en visioconférence. Des rendez-vous souvent agités mais qui ont eu le mérite de mettre à plat les problèmes inhérents au rugby français. La premiere grande décision de la semaine dernière c’est l’arrêt officiel de la saison en cours. Elle n’était jusque là que suspendue. Les classements sont donc homologués en l’état en top 14 et en Pro D2. Aucune montée aucune descente. Bref une saison blanche. Reste un point à éclaircir. Le nombre de clubs qualifiés pour la Coupe d’Europe. L’EPCR n’ayant pour l’instant pas statuée sur la formule. Pour rappel avec un classement de Top 14 figé ni Toulouse ni Montpellier ne sont pour l’instant qualifiés.

Des mutations prolongées jusqu’en janvier

Autre grande décision, l’épidémie ayant complètement chamboulé le recrutement des clubs, de nombreux joueurs risquent de se retrouver sans clubs. En temps normal, la période des transferts n’est possible que jusqu’au 15 juillet.Elle est exceptionnellement prolongée cette année jusqu’au 31 janvier 2021. Une grosse bouffée d’air pour de nombreux joueurs en fin de contrat.
Les clubs de leur côté ont pour la plupart demandé des efforts à leurs joueurs. Castres, premier club de Top 14 à entériner une baisse de salaires de 15%, a ouvert la voie. La semaine dernière, les Toulousains sont eux aussi tombés d’accord pour une baisse similaire. A Montpellier un accord de moins 12% a finalement été obtenu par la direction du club.
Côté terrain toutes les équipes ont retrouvé le chemin des stades. Par petit groupe et en commençant par des tests médicaux. On appelle ça la phase 1 de la reprise. Elle en compte 4 avant un retour au collectif sur les terrains.
 
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