L'alarmant constat de l'Agence de la sûreté nucléaire sur la gestion de la centrale de Golfech

L'agence de sûreté nucléaire a rendu publique les conclusions de sa visite approfondie d'octobre dernier de la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne). L'ASN pointe du doigt la gestion défaillante des installations par EDF suite à la multiplication d'incidents ces derniers mois.
Des lacunes en salle de commande. Un manque de rigueur sur les activités. Des conditions de surveillance déficientes. Une mauvaise application des fiches d’alarme. Une propreté radiologique mal évaluée. Une méthodologie de contrôle à revoir.

La liste des problèmes déterminés par l'agence de sûreté nucléaire (ASN) après sa visite approfondie d'octobre 2019 à la Centrale de Golfech, la première visite d'envergure depuis la mise en service de l'installation, est longue, sévère mais surtout inquiétante...
 

"Les habitants de notre territoire perdent peu à peu confiance, assène le Commission locale d'information de Golfech dans un courrier adressé à la direction de la centrale. Des rumeurs de mise sous tutelle du site circulent et bien sûr le CNPE est soupçonné de cacher des choses donc de ne pas dire toute la vérité. Golfech qui était dans le top 3 des centrales dans les années 2000, perd peu à peu pied et se retrouve aujourd'hui en queue de peloton."

De la nourriture et des boissons sur le pupitre de commande

Car depuis 6 ans, les incidents se multiplient en raison, selon les inspecteurs, des "manques de rigeur en exploitation " à tous les niveaux. "Ils ont constaté qu'en salle de commande des salariés mangeaient et buvaient au-dessus du pupitre de commande" rapporte la CLI pour qui ce genre de comportement est "inaceptable".
Plus grave, pour la commission locale : "des intervenants n'auraient pas une connaissance suffisante de l'impact de leur geste professionnel sur la sureté des installations. Ce constat traduit une carence de culture de sureté et donc un manque de qualification et de formation."

Le problème des effectifs et de la sous-traitance

Au cours de son exposé, l'Agence de sûreté nucléaire a souligné l’état de dégradation de l’exploitation de la centrale. La moitié de ces incidents, 4 en 2018, sont dûs à une erreur humaine. L'autorité administrative pointe également le manque d’expérience de certains agents.
 

En 5 ans, un tiers du personnel a été renouvelé à la centrale de Golfech. EDF fait de plus en plus appel à la sous-traitance. Il existe des doutes quant au vieillissement des installations.
EDF assure que les incidents n’ont eu aucune conséquence « sur la sûreté des installations, la sécurité des personnes, ni sur l’environnement ».
 
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