Comment l'inflation et la réforme des retraites pèsent sur les associations caritatives

Les associations caritatives peinent à recruter des bénévoles. Effets conjugués de la hausse des prix, et du nombre de bénéficiaires avec des retraités moins disponibles. Exemple à Montauban dans le Tarn-et-Garonne.

A 65 ans, Pierre fait partie des bénévoles incontournables du Secours Populaire de Montauban. Ce retraité spécialisé en logisitque donne de son temps et de son énergie chaque jour pour l'association et les plus démunis. En bonne forme physique, il peut charger et décharger des cageots et gérer les stocks.

"Arrivés à la retraite, quand on se sent encore capable de faire quelques chose, c'est bien de faire du bénévolat, plutôt que rester chez soi", estime ce retraité depuis trois ans. 

Pour réussir son bénévolat, il faut faire partie d'une équipe. Ici, c'est vraiment ça. Il y a une vraie équipe et une grande entente.

Pierre

Un bénévole heureux, donc qui aimerait bien faire des émules. Car c'est la crise du bénévolat dans les associations caritatives : toutes tirent la sonnette d'alarme. Les bénéficiaires sont de plus en plus nombreux : + 16% dans ce dépôt de Montauban. Or, avec la réforme des retraites, les bras risquent de manquer. La situation était déjà tendue depuis la crise sanitaire. 
"Un bénévole qui arrive chez nous a déjà plus de 60 ans", explique Christelle Gagnereaux, secrétaire générale Secours Populaire dans le Tarn-et-Garonne. "Avec cette réforme, ils auront plus de 64 ans, avec toute leur carrière professionnelle derrière eux. Alors je ne sais pas s'ils auront autant le temps et l'envie de venir nous aider". 

En 2020, 40% des + 65 ans étaient bénévoles, ils ne sont plus 25 % aujourd'hui. Au Secours catholique de Montauban, une campagne de recrutement vient d'être lancée : 

Ici, on cherche des bénévoles pour donner des cours de Français et de l'aide à l'intégration aux réfugiés. Mais certains jours, personne ne se présente. Le modèle doit peut-être être repensé.

"On favorise effectivement cet engagement-là auprès des plus jeunes générations. Pouvoir adapter notre organisation pour mettre en relation des personnes qui peuvent aider et qui veulent bien aider mais pas de la même manière que les anciennes générations", explique Stéphanie Roussel, animatrice Réseau Solidarité Secours Catholique à Montauban.