Montauban : le musée Ingres Bourdelle et le musée du Louvre réunis pour une exposition événement cet été

Toujours fermé pour l'instant, le musée Ingres Bourdelle de Montauban prépare en coulisses un événement estival. Associé au musée du Louvre, il proposera en juin une exposition retraçant le destin de Ferdinand Philippe, duc d'Orléans, personnage historique français iconoclaste et amoureux des arts.

Le musée Louvre-Lens a déjà accueilli le tableau d'Ingres "Oedipe explique l'énigme du sphinx" en juin 2014. Le tableau sera exposé à Montauban pour du 18 juin au 24 octobre 2021.
Le musée Louvre-Lens a déjà accueilli le tableau d'Ingres "Oedipe explique l'énigme du sphinx" en juin 2014. Le tableau sera exposé à Montauban pour du 18 juin au 24 octobre 2021. © Alexandre MARCHI - MaxPPP

Alors que les musées français s'interrogent sur une possible réouverture de leurs salles au public dans les semaines à venir, le musée Ingres Bourdelle de Montauban s'active en coulisses pour préprarer un événement estival : une exposition réalisée en partenariat avec le musée du Louvre dont le fil conducteur est Ferdinand Philippe, duc d'Orléans (1810-1842).

Le destin brisé du futur roi des Français

Ferdinand Philippe d'Orléans fut une figure marquante, mais oubliée du 19ème siècle. Son père, Louis-Philippe 1er, devenu "roi des français" à l'issue de la Révolution de 1830 le désigna héritier du trône français,  jusqu'à sa mort tragique douze ans plus tard, dans un accident de calèche à l'âge de 32 ans. Mise soignée, favoris, moustache et boucles de cheveux travaillés : presqu'un "hipster" de son époque. La presse le décrivait comme proche du peuple. Son allure et son style détonnaient,  tant il cassait certains codes de la royauté jusqu'alors en vigueur.

Ingres, Jean Auguste Dominique, portrait de Ferdinand-Philippe d'Orléans, prince royal (1810-1842)
Ingres, Jean Auguste Dominique, portrait de Ferdinand-Philippe d'Orléans, prince royal (1810-1842) © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Jean-Gilles Berizzi

Un prince mécène amoureux des arts de son époque

Lui-même dessinateur amateur, Ferdinand Philippe d'Orléans se voulait proche de tous les artistes de son temps. Peintures, sculptures, objets d'art : le duc était un passionné d'arts visuels. En tant que futur souverain désigné, il entreprit dès 1832 une politique de mécénat, passant commande à des artistes, ou achetant lui-même des oeuvres.

C'est un collectionneur d'art contemporain avant l'heure ! Ce qui le caractérise, c'est qu'il aimait les artistes vivants. Les rois ont souvent soutenu les arts, mais se sont souvent réfugiés dans des valeurs sûres d'art ancien. Alors que lui aimait l'art en train de se faire. Il avait dans ses collections des oeuvres d'Ingres, de Delacroix, de Corot, de Barye, de Scheffer, tous ceux qui faisaient l'actualité de la scène artistique française...

Florence Viguier, directrice et conservatrice du musée Ingres Bourdelle

 

Eugène Delacroix, Hamlet et Horacio au cimetière, 1839, huile sur toile, un des tableaux prêtés par le musée du Louvre pour cette exposition
Eugène Delacroix, Hamlet et Horacio au cimetière, 1839, huile sur toile, un des tableaux prêtés par le musée du Louvre pour cette exposition © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Thierry Le Mage

 

 

Près de 200 oeuvres exposées

L' exposition, intitulée "Ferdinand Philippe d'Orléans, images d'un prince idéal", proposera de parcourir la vie du personnage à travers près de 200 oeuvres, de sa naissance à Palerme en 1810 jusqu'à la veille de sa mort à Paris, en 1842. Des dessins, des gravures, des sculptures permettront de découvrir son parcours d'éducation moderne de jeune prince. L'autre partie de l'exposition sera consacrée aux oeuvres prestigieuses issues de ses collections, avec notamment des tableaux de Delacroix et d'Ingres, dont il était l'ami et le protecteur.

 

Un portrait d'Ingres devenu objet de culte

Ingres réalisa un imposant portrait en pied de son mécène, que l'on pourra découvrir à l'occasion de cette exposition. Peint juste avant la disparition tragique du prince en 1842, ce tableau fera dès lors l'objet d'un culte. "A sa mort, il y a eu une énorme réaction de tristesse", explique la conservatrice. "Tout le monde voulait garder un souvenir, une effigie de ce prince trop tôt disparu. Ingres a fait de nombreuses copies de ce portrait. Il a du ensuite faire travailler ses élèves tant les demandes étaient nombreuses... Même si c'est une autre époque, on pourrait presque faire un parallèle avec la mort de Lady Diana, prématurée et accidentelle, qui a soulevé pareillement une immense ferveur populaire."

Musée Carnavalet-Histoire de Paris
Grenier, François (lith.) Chûte [sic] mortelle de S.A.R. le duc d'Orléans le 13 juillet 1842 d'après des renseignements authentiques communiqués, 1842, Lithographie sur papier
Musée Carnavalet-Histoire de Paris Grenier, François (lith.) Chûte [sic] mortelle de S.A.R. le duc d'Orléans le 13 juillet 1842 d'après des renseignements authentiques communiqués, 1842, Lithographie sur papier © CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet

 

L'exposition "Ferdinand Philippe d'Orléans, portrait d'un prince idéal" est programmée du 18 juin au 24 octobre 2021, sous réserve de la réouverture autorisée des musées dans le contexte de la crise sanitaire.

 

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