Covid : faute de place dans les cantines, des mairies exigent une attestation professionnelle pour accepter les élèves

Pour appliquer les protocoles sanitaires et dans un souci de réduction des effectifs inscrits à la cantine le midi, certaines municipalités, comme à Lavaur dans le Tarn, exigent des parents une attestation professionnelle pour accepter leurs enfants à la cantine scolaire.

Le port du masque est obligatoire à la cantine dès que les enfants ne mangent pas.
Le port du masque est obligatoire à la cantine dès que les enfants ne mangent pas. © Damien Meyer / AFP

Le protocole sanitaire renforcé annoncé mi-janvier par le Premier ministre Jean Castex a des répercussions directes sur les établissements scolaires. L'application d'une nouvelle distance de sécurité de 2 mètres oblige certaines municipalités à devoir réduire le nombre d'élèves dans leurs cantines scolaires. Par exemple, à Lavaur dans le Tarn, la mairie exige des parents une attestation professionnelle pour accepter leurs enfants le midi.  

Plus de brassage de classes à la cantine

Une vigilance accrue est nécessaire au moment des repas puisque c'est le moment où les élèves enlèvent leur masque. "Les élèves d'une même classe devront donc manger tous les jours ensemble en maintenant une distanciation d'au moins deux mètres avec ceux des autres classes", détaille le ministère. Et si ce n'est pas possible, le temps de restauration sera "allongé" a décrété le Premier ministre. 

Pour certaines écoles, les contraintes sanitaires imposées sont difficiles à mettre en oeuvre, que ce soit en termes de temps, de personnel ou de locaux disponibles. Le protocole sanitaire renforcé est donc nécessairement à géométrie variable. Chacun s'adapte en fonction de ses moyens.

Agnès Bibi Albarede, directrice de l'école des Clauzades à Lavaur (Tarn), actuellement fermée pour cause de covid, mesure la distance entre les tables avec l'aide du directeur de la cuisine centrale.
Agnès Bibi Albarede, directrice de l'école des Clauzades à Lavaur (Tarn), actuellement fermée pour cause de covid, mesure la distance entre les tables avec l'aide du directeur de la cuisine centrale. © Robin Doreau

Une attestation professionnelle de l'employeur pour manger à la cantine

Pour limiter le nombre d’enfants qui déjeunent à l’école le midi, certaines municipalités ont ainsi décidé d’instaurer de nouvelles règles d’accès à la cantine. La mairie de Lavaur près d’Albi, dans le Tarn, a ainsi choisi de demander aux parents qui souhaitent mettre leurs enfants à la cantine le midi une attestation provenant de l’employeur qui certifie que le parent ne peut s’occuper de son enfant le midi pour raison professionnelle. 

« Après avoir étudié toutes les pistes pour protéger la santé des élèves dans les écoles, et continuer à offrir aux parents et aux enfants un service de qualité, il n’existe hélas pas d’autre alternative que de réserver la prestation du repas exclusivement aux enfants dont les parents ne peuvent être disponibles entre 12h et 13h50 pour les classes élémentaires et 11h45 et 13h35 pour les classes maternelles, pour raisons professionnelles et sur présentation d’une attestation de l’employeur en ce sens »

A l’école Le Pigné à Lavaur, dans le Tarn, encore peu de réactions de parents à cette demande de l’école. Virginie, maman de Clément 6 ans et Théodore 8 ans, élèves de cette école de Lavaur, se demande « si tous les parents sont déjà au courant, la demande ayant été transmise sur le site de l’école dans la rubrique famille destinées aux parents». Mais elle pense qu’»il y aura probablement davantage de retours, notamment dans le groupe whatsapp des parents, lorsque des mots seront écrits à l’attention des parents dans le cahier de suivi des enfants ».

Pour les parents qui ont déjà l’information, l’heure est à l’organisation et à l’adaptation. Certains positivent la situation, comme Béatrice, maman d’un enfant de 6 ans inscrit dans la même école. Elle se confie : « Il allait à la cantine tous les jours, toute l’année et depuis que l’on est en télétravail, on a profité du fait d’être à la maison pour le récupérer le midi lorsque c’est possible. C’est le seul moment où il quitte le masque »

Pour d’autres, il n’est pas aisé de s’adapter rapidement aux nouveaux protocoles quand on a deux enfants en maternelle et en primaire et que l’on télétravaille actuellement, comme c’est le cas de Faïza, parent d’élèves de l’école Le Pigné également : "On a récemment su mardi soir que ce serait applicable dès lundi. Je trouve que c’est un peu short. On reçoit les informations au compte-goutte. Je conçois que ce ne soit pas très facile pour les professeurs d'appliquer ces protocoles. Je suis en télétravail, je peux donc jongler avec l’accord de mon employeur mais ce n'est pas simple. 

À partir de lundi, je serai obligée de prendre les deux enfants à des horaires différents, pour revenir les déposer après le déjeuner à des horaires différents aussi. C’est du sport !

Faïza, maman de deux enfants inscrits à l'école Le Pigné à Lavaur (Tarn)

Heureusement « cette nouvelle règle ne s’applique pour l’instant que jusqu’au vacances scolaires, soit entre le 8 et le 12 février », confie Marie-Claire Marignol, déléguée à l’éducation à la mairie de Lavaur. Elle indique que "cette décision s’impose pour respecter le protocole sanitaire renforcé". À l’école des Clauzades de Lavaur, ils sont ainsi parvenus à faire descendre le nombre d’enfants déjeunant à la cantine de moitié, soit environ 120 sur les 200 inscrits à la cantine habituellement. 

Marie-Claire Marignol ajoute que « chacun doit être compréhensif et y mettre du sien, pour être en sécurité et avancer, au moins jusqu’au 12 février, le temps que d’autres mesures soient mises en place au retour des vacances scolaires afin d'alléger la situation pour tous ».

Nous essayons de trouver le compromis qui se rapproche le plus possible de ce que l’on nous demande

Marie-Claire Marignol, déléguée à l'éducation sur la commune de Lavaur (Tarn)

Dans d’autres communes de la région où il ne sera pas possible d’assurer un service de restauration supplémentaire, il y aura distribution de paniers repas froids par roulement un jour sur deux. Et également des embauches d’animateurs supplémentaires pour ne pas épuiser les équipes en place.

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