“Il ne faut pas que l'après-coronavirus soit un retour à la situation initiale” : l'alerte des Ehpad du Tarn

"La vision du vivre ensemble avec nos aînés est arbitrée par le financier et l'administratif, au détriment de l'humain", déplore l'Udepa 81. / © Guillaume Bonnefont/MaxPPP
"La vision du vivre ensemble avec nos aînés est arbitrée par le financier et l'administratif, au détriment de l'humain", déplore l'Udepa 81. / © Guillaume Bonnefont/MaxPPP

L'association Udepa 81, qui regroupe 80 Ehpad et structures assimilées dans le Tarn, lance un cri d'alerte : la crise sanitaire a exacerbé les tensions déjà existantes. "L'après-Covid ne doit pas être un retour à la situation initiale", plaident les directeurs de ces structures.

Par Marie Martin

C'est une profession de l'ombre, indispensable, essentielle, mais le plus souvent silencieuse. C'est dire si "le contexte est grave, qui nous pousse à sortir d’une naturelle réserve", explique Guillaume Marzocchi, directeur des Ehpad de Cordes-sur-Ciel et Monestiès, dans le Tarn, et président de l'Udepa 81.

Cette association regroupe environ 80 Ehpad (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) et autres structures d'hébergement assimilées. Elle compte 5 900 résidents et plus de 7 000 salariés.

Un secteur en souffrance

Aujourd'hui, alors que l'épidémie de coronavirus sévit encore en France et dans le monde, les membres de l'Udepa tirent la sonnette d'alarme. La situation était déjà très tendue avant la crise sanitaire : celle-ci a évidemment exacerbé les tensions existantes. "Cela fait dix ans que le secteur est en souffrance", explique Guillaume Marzocchi, joint ce jour par téléphone. "En 2013-2014, les crédits ont été gelés. Les évolutions n'ont pas suivi les besoins de nos aînés". 

Depuis plus de deux mois, les personnels font face à la menace du virus. Mais pour cela, il a fallu faire avec le manque de masques, de gel hydroalcoolique, avec "une avalanche de recommandations", la fin des visites. Et tout cela, dans un contexte de manque de moyens. "Nous manquons de personnel", poursuit Guillaume Marzocchi. "Il y a des insuffisances de formations. Et surtout, les métiers ne sont pas reconnus, pas valorisés, alors nous manquons d'attractivité". 
"Il ne faut pas que l'après-Covid soit un retour à la situation initiale. Il faut une revalorisation des salaires. Et davantage de moyens pour pouvoir embaucher. Ce n'est pas énorme, une ou deux personnes supplémentaires par établissement, pour pouvoir travailler normalement". 

Des moyens et des salaires revalorisés

Redonner ses lettres de noblesse à ce milieu : c'est ce que souhaite l'Udepa 81 qui interpelle "élus, collectivités, partenaires institutionnels, société civile et citoyens à se mobiliser pour nos aînées et notre bien vieillir ensemble". L'association demande entre autres le versement d'une prime exceptionnelle de 1 500 euros pour l'ensemble des salariés - sans distinction - mais aussi "du personnel en nombre suffisant, l’augmentation significative des salaires dans un grand plan de revalorisation des grilles indiciaires et un accès facilité aux formations".

Pour que ceux qui sont présentés aujourd'hui comme des "héros", au même titre que les soignants en milieu hospitalier, soient reconnus officiellement comme tels.
 



 

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