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La FCPE du Tarn s'oppose à ce qu'une militante FN porte ses couleurs dans un lycée d'Albi

Le lycée Bellevue à Albi / © Google
Le lycée Bellevue à Albi / © Google

La polémique fait rage dans le Tarn après que la FCPE a empêché une militante Front National de représenter l'association de parents d'élèves au conseil d'administration au lycée Bellevue d'Albi. 

Par Fabrice Valery

La question pourrait être (assez) simple : une maman engagée politiquement auprès du Front National peut-elle représenter les valeurs de la Fédération des Conseils de Parents d'élèves (FCPE) dans le lycée de ses enfants ? Mais elle se complique et devient éminemment politique quand on sait que la responsable départementale de la FCPE du Tarn, qui lui refuse cette fonction, est elle-même une militante socialiste. Le tout prend des proportions énormes quand une tête de liste aux élections régionales dénonce cette situation et reproche à la FCPE d'être au service du PS.

Parent d'élèves et candidate FN

Retour sur les faits : Katia Cabrolierla femme du porte-parole du Front National dans le Tarn, Frédéric Cabrolier, elle-même candidate à trois reprises à des élections sous les couleurs du FN-Rassemblement Bleu Marine, est également adhérente à la FCPE. Elle veut représenter l'association au conseil d'administration du lycée Bellevue d'Albi. 
Mais la présidente départementale, Sandrine Soliman, écrit à la responsable FCPE du lycée pour lui demander de retirer cette candidate de sa liste, "ses idées politiques étant en totale opposition avec les valeurs de la FCPE". Elle menace la section du lycée Bellevue, si elle maintient sa candidate, de perdre l'étiquette FCPE. 
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Acte 2, Louis Aliot entre dans la danse. Le chef de file du Front National pour les élections régionales et vice-président du FN dénonce "une attitude sectaire et antidémocratique" de la FCPE et accuse la FCPE du Tarn d'être "au service du parti socialiste et de ses alliés".  Il demande même dans son communiqué à Mme Cabrolier (qu'il ne cite pas) de porter plainte pour discrimination. 

Les valeurs de la FCPE ne sont "ni de droite, ni de gauche : elles ne sont pas d'extrême droite".

La réponse n'émane pas de la FCPE mais... du Parti socialiste du Tarn. Car le PS est directement mis en cause par Louis Aliot. Son premier secrétaire fédéral, Patrick Vieu, prend donc la défense de la présidente départementale de la FCPE, Sandrine Soliman, militante socialiste et elle-même candidate malheureuse aux dernières élections départementales sous l'étiquette PS. Paradoxalement, il reproche à Louis Aliot de "faire entrer la politique à l'école". Il rappelle que "la FCPE est née en 1947 de la fédération des conseils de parents d’élèves créés à la Libération auprès des écoles primaires pour promouvoir l’épanouissement des élèves et la défense de l’école laïque malmenée par le régime de Vichy".
"Elle se donne,
poursuit-il, pour principes d’agir en faveur d’un service public d’éducation fondé sur les valeurs de liberté, d’égalité, de laïcité, de gratuité, de respect et de solidarité. Démocratiques et républicains, ces principes et ces valeurs ne sont ni de gauche ni de droite : ils ne sont pas d’extrême droite !".

Pour la FCPE régionale, "le FN n'est pas un parti comme les autres"

Dernier acte, ni Katia Cabrolier, ni Sandrine Soliman ne souhaitent s'exprimer. Mais la FCPE régionale soutient la fédération du Tarn en expliquant que "le Front National n'est pas un parti politique comme les autres". Madame Cabrolier ne sera donc pas la candidate de la FCPE au conseil d'administration du lycée Bellevue d'Albi. La liste du lycée garde donc son étiquette FCPE.
Qui doutait encore que la politique n'était pas entrée à l'école ? 

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