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Une école soudée autour des enfants après le meurtre de leur instit

Une marche blanche est prévue lundi 7 juillet à 18 heures, avant les obsèques de la victime le lendemain matin.
© France3 Midi-Pyrénées
Au premier jour des vacances, une enfant de 6 ans est revenue dans son école Edouard-Herriot, où elle a "tout vu", vendredi matin, quand la maman d'une de ses copines de classe,
Rachida, 47 ans, est "venue dans la classe discuter avec Fabienne", la maîtresse de 34 ans et "l'a tuée" avec un couteau de cuisine apporté dans son sac à main. "Fabienne, elle avait le couteau dans le ventre... Aujourd'hui, on a fait des dessins de ce qui s'est passé", dit-elle, sa poupée à la main, à la sortie d'une rencontre avec des psychologues. "Ils ont dit qu'il faut tout jeter à la poubelle, comme ça, on ne va plus s'en souvenir."
La "cellule d'écoute" a été ouverte samedi à l'ensemble des familles de l'école. Mais dès vendredi, "aussitôt après le drame, des psychologues nous avaient pris les enfants, pour qu'ils parlent, en groupe", explique la mère de l'enfant,
Laetitia Destruels. "A la réunion de ce matin, on était tous effondrés. Fabienne, c'était une maîtresse géniale".
Toute la matinée, adultes et enfants ont déposé des bouquets, des dessins, des petits mots, vantant "une belle femme, gentille et généreuse". A la réunion, fermée à la presse, tous étaient invités à s'exprimer s'ils le souhaitaient.
Derrière les grilles de la cour d'école où les jeux avaient repris, un grand garçon, comme fasciné, racontait à deux filles plus jeunes ce qu'il avait appris du drame:
"La dame a dit "je ne suis pas une voleuse"et elle a planté le couteau..."

 "Je savais qu'elle avait un grain"
L'auteur du meurtre, une mère célibataire sans travail, de nationalité espagnole et d'origine marocaine selon ses voisins, n'était logée qu'à quelques centainesde mètres du groupe scolaire.
Dans ce quartier réputé "bien tranquille", elle habitait depuis deux ans un petit immeuble HLM de trois étages mais sa fille ne fréquentait l'école Edouard Herriot que depuis peu, a assuré à l'AFP Brigitte Skandine, 50 ans, plongeuse dans un restaurant. "C'est ma voisine, on se parlait depuis nos balcons. Je savais qu'elle avait "un grain", mais je ne la croyais pas capable de ça... Je la trouvais seulement un petit peu "speed", elle allait vite vite vite".
"On ne voyait jamais personne chez elle et elle sortait très peu, a-t-elle ajouté.
Mais c'était une maman souriante, très gentille et attentionnée avec sa petite. J'en suis malade pour sa gamine de 6 ans qui, apparemment, a été placée aux services sociaux".
Le meurtre d'un enseignant en milieu scolaire est rarissime en France et celui-ci pourrait avoir été commis, selon le procureur d'Albi, sous l'emprise "d'idées délirantes de persécution".

Une voisine discrète
La meurtrière a été placée immédiatement dans un établissement psychiatrique, une première expertise ayant conclu à "des troubles psychiques ayant aboli son discernement".
Pourtant, selon ses proches voisins, elle ne faisait pas parler d'elle dans son nouveau quartier "convivial", "où tout le monde se dit bonjour et se rend service". "Ce n'était pas une personne agitée. Je la voyais toujours calme, assez discrète", a ainsi assuré un retraité, Christian Gayrard, 62 ans.
De la même façon, le groupe scolaire public n'était pas considéré comme un établissement à problèmes, bien au contraire. "C'était une école modèle où (...) tout se passait bien grâce à une équipe d'enseignants très soudée", a assuré samedi une déléguée départementale de l'éducation nationale (DDEN), Yvette Lacourt. "C'est pour ça que c'est tellement choquant. C'est la faute à personne", a-t-elle dit.
"Nous allons accompagner les enfants, les familles, les enseignants, tous ceux qui en ont besoin jusqu'à la rentrée et aussi longtemps que ce sera nécessaire", a déclaré samedi l'adjoint de l'inspectrice académique, Farid Djemmal.

Reportage Catherine Monnier et Jack Levé

durée de la vidéo: 01 min 48
24 heures après le drame



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