Théâtre : le metteur en scène et comédien nîmois Claude Régy est décédé

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Écrit par Juliette Meurin avec AFP

Claude Régy est décédé. Né à Nîmes en 1923, il s'était lancé dans le théâtre contre l'avis de ses parents. Comédien et metteur en scène il avait notamment "découvert" Gérard Depardieu

Né à Nîmes en 1923, Claude Régy est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi. Il avait 96 ans

Comédien et metteur en scène il avait notamment fait débuter Gérard Depardieu.



"Une sorte de faucon, au regard dur et au caractère radical (...) l'apôtre du silence, de la pénombre et du dépouillement": c'est ainsi que Gérard Depardieu, le décrivait.



Claude Régy était considéré comme quelqu'un d'atypique. Ce statut de figure singulière du théâtre français, à contre-courant de son époque, l'amusait.  

"Ça me plaît plutôt", disait-il, malicieux, à l'AFP en 2016.



Hors des sentiers battus, il a cependant eu du succès, réunissant des distributions exceptionnelles: Michel Bouquet, Delphine Seyrig, Pierre Brasseur, Emmanuelle Riva...

Et du flair. 

Lorsqu'il fait passer un essai au jeune Depardieu, alors âgé de 24 ans, celui-ci est un parfait inconnu: "Je l'ai trouvé complètement extraordinaire, doué d'une manière, je dirais, anormale, et à partir de là on a beaucoup travaillé".

 

La vertu du silence

Comme Pierre Soulages qui travaille sur le noir en peinture, le silence était un sujet pour Claude Régy.

Ses pièces se jouent dans des espaces intimes, avec de toutes petites jauges, comme au théâtre des Amandiers à Nanterre, théâtre de l'Atelier, Edouard VII, Chaillot, TNP Villeurbanne, Chatelet, TNB (à Rennes)... 



"Je crois beaucoup à la vertu du silence, je crois que le silence est un langage et qu'il n'y a de rapport intime avec notre vie intérieure que dans le silence et à travers le silence. Donc j'essaie d'arrêter tous ces papotages qui en général accompagnent l'entrée du public et le temps d'attente du spectacle", expliquait-il à l'AFP.

"Je pense que ce temps est très nécessaire pour rentrer en contact avec soi-même. Il s'agit de sortir un peu du réel et de s'ouvrir à une disponibilité la plus grande possible, à tout ce qui peut advenir d'imprévisible".



Son visage rond et plissé évoquait bien une sorte de moine du théâtre, mais le regard était franchement souriant lorsqu'on rencontrait Claude Régy chez lui, dans un atelier niché au dernier étage d'un immeuble avec vue sur les toits parisiens.

 

Des débuts au théâtre contre l'avis de ses parents

Claude Régy débute en 1952. Il n'a rien à voir avec le milieu du théâtre. Une famille protestante du Tarn-et-Garonne, un père officier à Montauban qui le contraint à des études de droit et sciences politiques et s'oppose "absolument" à ce qu'il fasse du théâtre : c'est en troisième année à Paris qu'il "explose les études" et s'inscrit au cours de Charles Dullin.

Ses parents lui coupent les vivres, il fait des petits boulots, démarre comme assistant de Michel Vitold au Théâtre de l'Atelier, monte les auteurs anglais: Harold Pinter, John Osborne.

Depardieu joua donc coup sur coup de 1972 à 1977 dans six pièces mises en scène par Claude Régy, dont "La Chevauchée sur le lac de Constance" de Peter Handke qui, selon l'acteur star des "Valseuses", l'a révélé aux yeux du public.



En 1968, Claude Régy fait "sa" révolution avec l'adaptation du roman de Marguerite Duras "L'Amante anglaise". "Elle m'a fait comprendre que ce qu'elle recherchait c'était de placer l'écriture au centre. A partir de là, j'ai monté énormément de textes non théâtraux". 

Lorsqu'il avait un coup de foudre pour un texte, il le montait, sans concession à l'air du temps. Claude Régy assistait tous les soirs aux représentations des

pièces qu'il signait, discrètement assis dans le public. 

 
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