Toulouse : le cimetière de Terre-Cabade, un musée à ciel ouvert

Le cimetière de Terre-Cabade est l'oeuvre de l'urbaniste toulousain Urbain Vitry, y compris l'entrée à la mode égyptienne. / © MaxPPP
Le cimetière de Terre-Cabade est l'oeuvre de l'urbaniste toulousain Urbain Vitry, y compris l'entrée à la mode égyptienne. / © MaxPPP

Le 2 novembre correspond à la journée dédiée au souvenir des morts de la famille. Pour beaucoup, c’est l’occasion d'aller au cimetière et de fleurir les tombes. Celui de Terre-Cabade, à Toulouse, est un véritable musée, témoin de l'Histoire et des histoires de la ville.

Par Marie Martin

C'est un immense cimetière, le plus grand des onze cimetières toulousains et indéniablement le plus romantique, conçu au 19ème siècle par l'architecte toulousain Urbain Vitry. Surplombant la ville de Toulouse, il s'étend sur 33 hectares et présente de larges allées, où se nichent de temps en temps d'extravagants tombeaux.

Même si l'on ne compte aucun être cher dans le cimetière de Terre-Cabade, il est à voir absolument. En voici quelques éléments incontournables...

La tombe de "Sainte Héléna"


Cette tombe-là est toute simple. C'est pourtant la plus fleurie - et de loin - de tout le cimetière de Terre-Cabade. Elle croule littéralement sous les fleurs et les messages de remerciements. 
Héléna Soutade, née à Albi en 1835, a voué toute sa vie aux enfants pauvres. Elle fut enseignante dans le quartier des Minimes et sa carrière auprès des plus humbles a laissé un grand souvenir dans la mémoire collective. 
Les Toulousains l'ont faite "sainte" mais cette canonisation n'est pas officielle. On lui prêtait bien des pouvoirs mais surtout celui d'aider les enfants en période d'examen. 
On peut lire encore sur sa tombe des suppliques pour aider le petit dernier au moment du baccalauréat...

Le tombeau de Jules Léotard


Les Toulousains l'ont un peu oublié mais Jules Léotard, grand trapéziste, est l'inventeur du maillot qui porte son nom, un costume de couleur chair, très moulant, qui mettait en valeur son corps d'athlète. Le "Léotard" est toujours utilisé aujourd'hui. Et sur le tombeau de Jules, on peut voir un joli médaillon, montrant son noble profil et sa belle moustache qui, paraît-il, faisait des ravages tout autant que ses acrobaties...

La tombe d'un héros, Marcel Langer


Il y a plusieurs grands résistants qui reposent pour l'éternité dans le cimetière de Terre-Cabade. Marcel Langer est l'un d'eux.
Né en Pologne en 1903, Marcel Langer, de son vrai nom Mendel Langer, émigre en Palestine en 1920 pour fuir les persécutions antisémites. En 1936, il s'engage dans les Brigades internationales et épouse une Espagnole, dont il sera séparé, ainsi que de sa fille, après la défaite des Républicains. Il entre dans la Résistance dans la région de Toulouse. 
Le 5 février 1943, il est arrêté à la gare St-Agne, à Toulouse, porteur d'une valise d'explosifs. Il est condamné à la peine de mort et guillotiné le 23 juillet 1943 à la prison Saint-Michel de Toulouse.

A noter qu'à Terre-Cabade reposent également Marie-Louise Dissart dite Françoise, et François Verdier, tous deux héros de la Résistance toulousaine.

Le "carré des noyés"


Dans la nuit du 22 au 23 juin 1875, la Garonne, sous l'effet de crues très importantes, se révolte et sort de son lit. Elle déborde principalement rive gauche, dans le quartier très populaire de Saint-Cyprien. Plus de 200 personnes y trouvent la mort, dans l'effondrement des immeubles et des maison, contruits avec des matériaux poreux. 
La plupart d'entre elles repose dans un carré dit des noyés, dans le cimetière de Terre-Cabade. 







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