Y aura-t-il un jour des ours espagnols de Cantabrie dans les Pyrénées ?

C’est une information révélée par nos confrères de la presse espagnole. Guillermo Palomero, président de la FOP, la fondation de l’ours brun se dit favorable au transfert d’ours de Cantabrie dans les Pyrénées. Une nouvelle prise de position qui ne manque pas de faire réagir côté français.
 

Capture d'écran d'une video réalisée par l' Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) montrant la réintroduction d'une ourse femelle en Béarn, le 5 octobre 2018.
Capture d'écran d'une video réalisée par l' Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) montrant la réintroduction d'une ourse femelle en Béarn, le 5 octobre 2018. © "AFP PHOTO /OFFICE NATIONAL DE LA CHASSE ET DE LA FAUNE SAUVAGE (ONCFS)
Selon nos confrères espagnols du "Diario de León", Guillermo Palomero appuie ainsi la demande du Fonds pour la protection des animaux sauvages (FAPAS) au gouvernement espagnol, en collaboration avec d’autres organisations de conservation pour la mise en œuvre de protocoles de transferts d’ours des montagnes de Cantabrie (Espagne) aux Pyrénees.
L’article précise ensuite qu’un tel transfert a déjà été organisé entre un ours des Asturies jusque dans les Picos de Europa.

L’information n’est pas passée inaperçue aux yeux des opposants à la réintroduction d’ours dans les Pyrénées françaises.
 

A la tête de l’ASPAP, Philippe Lacube s'exaspère : "par les temps qui courent, entre ce que vit l’Espagne et ce que nous vivons nous, honnêtement, je me demande si on n’a pas d’autres chats à fouetter que d’aller s’occuper de transférer les ours de Cantabrie dans les Pyrénées. On a assez de difficultés et de malheurs à gérer pour s’en rajouter par-dessus les oreilles. Je trouve ça assez invraisemblable et décalé. Par rapport à ce qu’on vit en ce moment, c’est déraisonnable".

La parole présidentielle 


Au-delà de ce constat dans le contexte actuel, Philippe Lacube, préfère lui s’en tenir à la parole présidentielle. Emmanuel Macron a récemment exprimé la position française au sujet de la réintroduction de l’ours.

"Je veux juste rappeler son engagement tel qui nous l’a formulé « cap a cap » entre quatre yeux à Pau en janvier dernier en nous disant qu’il n’y aurait pas de nouvelle réintroduction d’ours dans les Pyrénées. Cela a été dit très clairement et je crois en la parole présidentielle".

Ce que la parole présidentielle ne précise pas, c’est que rien n’empêche son voisin espagnol de réintroduire des ours dans les Pyrénées sur son territoire. Et rien n’empêche les ours de passer la frontière.
Pour Philippe Lacube, l’hypothétique arrivée des ours espagnols constitue enfin un changement de position assez remarquable : "jusqu’à maintenant, les Espagnols n’avaient jamais voulu nous donner d’ours considérant que ce n’était pas une population génétiquement viable. C’est pour ça que toutes les réintroductions depuis 95-96 se sont faites avec des ours slovènes. Bon, alors maintenant il y 350 ours en Cantabrie, ils en sont gavés donc ils envisagent peut-être de nous envoyer des colis…"

Des propos mais pas de procédure en cours

Pour les défenseurs du retour des ours dans les Pyrénées, les propos de Guillermo Palomero ne sont que l’expression d’un point de vue.

"Il n’y a, à ma connaissance, absolument aucun projet en ce sens. Il peut y avoir et il y a des prises de positions de la part de structures et d’associations mais pas plus", 


selon Alain Reynes, directeur du Pays de l’Ours – Adet.
"Notre position sur le sujet est simple : il y a une nécessité absolue de renforcer la population d’ours dans les Pyrénées pour des raisons démographiques et une raison génétique. On manque de diversité. Si cette diversité peut être apportée avec des ours du massif cantabrique pourquoi pas ?"
 

Sur cette hypothèse, Alain Reynes reste très prudent car s’il reconnait que la population d’ours en Cantabrie est de 350 individus, ces derniers sont divisés en deux groupes, dont un à peine plus important que la population d’ours pyrénéen (soit une cinquantaine). "Il n’est pas certain que la population d’ours cantabriques supporte des prélèvements. Mais s’il est établi localement que c’est réalisable, que les autorités sont d’accord, alors oui c’est une origine qui conviendrait très bien pour renforcer la population pyrénéenne. Mais nous concernant nous ne formulons pas de demande en ce sens. Et encore une fois, à ma connaissance, il n’y a pas de procédure officielle en cours sur ce sujet entre les autorités de Cantabrie et le gouvernement français ou catalan".
 
 
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