La polémique enfle à propos de la vente d'un sceau impérial chinois chez Artcurial

L'Association pour la Protection de l'Art chinois en Europe (Apace) a demandé à Artcurial de retirer une vente prévue ce lundi un sceau impérial chinois faute de quoi elle envisage de déposer une plainte au pénal.

Interrogée par l'AFP, la maison d'enchères  Artcurial a indiqué dimanche soir qu'"elle n'avait pas absolument pas l'intention de retirer le lot de la vente".

Dans son catalogue "Art d'Asie" du 17 décembre, Artcurial présente un "rare cachet impérial en jade vert épinard sculpté, de la dynastie Qing, époque Qianlong (1736-1795)", dont elle estime la valeur entre 150.000 et 200.000 euros.

Ce tout petit objet (2 cm de hauteur, 4,5 cm de longueur, 3 cm de largeur) provient d'une collection particulière française et se trouve dans la même famille depuis la fin du XIXème siècle, précise le catalogue.

"Selon Kai Shan Yyan, ancien conservateur du Musée de la Cité interdite, ce sceau aurait appartenu aux empereurs de la dynastie Qing et aurait été volé lors du sac du Palais d'été de Pékin en 1860" par les troupes franco-britanniques, déclare l'Apace dans un communiqué.

Artcurial ne retirera pas ce lot de la vente "d'une part parce que notre expertise maintient que ce sceau ne provient pas du Palais d'été", a indiqué le porte-parole de la maison de ventes.

"D'autre part, Apace ne nous a toujours pas fourni le mandat dont elle se prévaut et selon lequel l'association interviendrait au nom du gouvernement chinois", a affirmé Artcurial.

La vente doit démarrer lundi à 14 heures au siège d'Artcurial. Le sceau est le lot 119.

L'Apace, présidée par l'expert Bernard Gomez, assure être mandatée par une association à but non lucratif "créée par l'Association Fondation chinoise pour le développement culturel et social dirigée par le ministère de la Culture de Chine".

L'Apace a "demandé solennellement" il y a plusieurs jours à Artcurial, "au nom du respect du Peuple chinois et des autorités de Pékin", de retirer de la vente ce sceau impérial car "cette pièce historique fait partie intégrante du patrimoine chinois". "Cette demande est restée malheureusement vaine à ce jour", regrette l'association.

"Si Artcurial acceptait le retrait de ce sceau impérial de jade, tant les autorités chinoises que la Chine toute entière seraient reconnaissantes envers la maison de vente", déclare l'Apace.

"Si la vente de ce lot était maintenue, l'association Apace a d'ores et déjà donné mandat à maître Alexis Guedj, avocat au barreau de Paris, de prendre toutes dispositions légales", ajoute l'association.

Interrogé dimanche par l'AFP, Me Guedj indique qu'il envisage de déposer une plainte contre X "pour vol et recel de vol" devant le tribunal de grande instance de Paris, si la vente se réalise malgré tout.

L'Apace était déjà montée au créneau en février 2009 pour s'opposer à la vente de deux bronzes chinois (une tête de rat et une tête de lapin) provenant du sac du Palais d'été, au moment de la dispersion de la collection Yves Saint Laurent / Pierre Bergé.

Son action en référé avait été rejetée. Mais les bronzes n'ont finalement pas été vendus car le collectionneur chinois qui avait remporté l'enchère pour plus de 31 millions d'euros n'a pas voulu les payer.

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