Espionnage: l'étau se resserre autour d'Ikea France avec la mise en examen de son PDG

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Écrit par Emmanuèle Bailly
Le PDG d'Ikea France, le Belge Stefan Vanoverbeke, pose après une conférence de presse, le 10 octobre 2013, à Paris.
Le PDG d'Ikea France, le Belge Stefan Vanoverbeke, pose après une conférence de presse, le 10 octobre 2013, à Paris. © (ERIC PIERMONT / AFP)

Le PDG d'Ikea France a été mis en examen mardi à Versailles (Yvelines).  Cette mise en examen concerne également deux autres dirigeants d'Ikéa France dans le cadre de l'enquête sur les soupçons d'espionnage de salariés et de clients.

Le PDG d'Ikea France, son prédécesseur et le directeur financier de l'enseigne ont été mis en examen, mardi 19 novembre, à Versailles (Yvelines), dans le cadre de l'enquête sur les soupçons d'espionnage qui pèsent sur l'enseigne. Ikea France en tant que personne morale a également été mise en examen. L'entreprise doit verser 500 000 euros de caution pour garantir une éventuelle indemnisation des parties civiles.

"La direction d'Ikea France prend acte. L'entreprise continuera à porter son concours à la manifestation de la vérité", a déclaré une porte-parole du groupe. Les trois mis en examen avaient été placés en garde à vue, lundi, à la suite d'une perquisition effectuée début novembre au siège du groupe, à Plaisir (Yvelines).

Cette série d'investigations fait suite à des révélations de l'hebdomadaire satirique. Le Canard Enchaîné en février 2012. Les syndicats FO et CGT avaient alors déposé plusieurs plaintes, amenant le parquet de Versailles à ouvrir une information judiciaire en avril 2012.

Plus d'une dizaine de personnes ont déjà été mises en examen et de nombreuses perquisitions réalisées dans des enseignes du groupe notamment à Franconville, Avigon, Reims et Brest.

En mai 2012, le parquet de Versailles avait ouvert une information judiciaire pour surveillance illicite de salariés et clients. Dans le Val d'Oise, à Franconville, la direction est soupçonnée d'avoir espionné son personnel, en 2010, en faisant appel au cabinet de conseil GSG SAS. Celui-ci aurait posté deux femmes dans l'établissement pour surveiller les faits et gestes des salariés, à leur insu. Le patron de GSG SAS s'est toujours défendu de ces accusations : l'une des prétendues infiltrées effectuait, selon lui, un "audit social", tandis que la seconde assurait une "protection discrète" de cadres. GSG SAS se voit aussi reprocher d'avoir effectué des enquêtes de réputation sur des syndicalistes basés dans le magasin.


Le PDG Stefan Vanoverbeke avait annoncé dans la foulée une série de mesures éthiques visant à redorer le blason de l'entreprise et à tirer les leçons de ce scandale. "Ces nouvelles mises en examen prouvent que le système d'espionnage était généralisé. L'ensemble des responsables français du groupe ne pouvaient ignorer de telles pratiques", a déclaré Sébastien Heim chez FO. "Cela peut avoir d'énormes conséquences sur l'image d'Ikea et cela retombera malheureusement sur les employés", déplore pour sa part Jean-Paul Barbosa de la CFDT. L'entreprise compte 29 magasins et 9.300 salariés en France.

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