Dans le 20 ème arrondissement de Paris, l'UMP et l'UDI présentent des listes séparées

Dans le XX ème arrondissement, l'UDI et l'UMP présenteront des listes séparées. Les partis s'étaient donnés jusqu'au 31 janvier pour trouver un accord. L'échéance est passée sans solution. Cela pourrait coûter un siège de conseiller de Paris à la droite.

Par Daic Audouit

Il n' y aura donc pas eu d'accord entre l'UMP et l'UDI dans le 20 ème arrondissement. 

L'alliance entre l'Alternative et le parti de Nathalie Kosciusko-Morizet, présentée le 1er janvier dernier, se donnait jusqu'au 31 janvier pour trouver une solution et tenter de présenter une liste commune

Minuit a sonné et la pomme empoisonnée de la discorde ne s'est pas transformée en carrosse rose de l'unité. Les belles histoires n'existent que dans les contes de fée. Dans le 20 ème, l'UDI et l'UMP ne se marient pas au risque de ne pas avoir de nombreux enfants. 

Ce n'est pas une surprise. Il n' y a pas eu de négociations de dernière minute. "Ca n'a pas ferraillé sec pour trouver une solution", commente un élu UMP. Dès cette semaine, on pouvait apercevoir des candidats UMP venir chercher au QG rue de La Lune des éléments de décoration pour une permanence électorale. 

Et pour ne pas perdre de temps, quelques heures après l'échéance, Atanase Périfan inaugure sa permanence dès ce samedi midi en présence de Nathalie Kosciusko-Morizet. Le créateur de "la fête des Voisins", conduira donc la liste UMP dans le 20 ème arrondissement. En 2008, il avait pourtant été élu conseiller municipal dans le 17 ème. 

Un mini-parachutage qui n'a pas été accepté par l'UDI Raoul Delamare, implanté depuis des années dans le 20 ème. "On savait que Raoul Delamare n'était pas débranchable", explique-t-on à l'UMP d'autant qu'il a reçu le soutien très appuyé d'Hervé Morin, dans la propre équilibre interne aux composantes de l'Alternative.

Et comme par hasard, le jour de l'ultimatum, c'est-à-dire hier, Hervé Morin était dans le XX ème pour une visite de terrain.

A cette liste UDI, il faut aussi ajouter la candidate de Charles Beigbeder, Arianne Cerruti, ancienne délégué de circonscription de l'UMP XX ème. 

Soit trois listes à droite pour un arrondissement ingagnable car très fortement ancré à gauche. Une gauche qui part elle même divisée, éparpillée en 4 listes (PS-PC, EELV, Simonnet plus la candidature de Michel Charzat ancien maire de l'arrondissement, en rupture avec le PS depuis 2007). 

Bref à gauche comme à droite, l'esprit d'une primaire. On choisit au premier tour. Sauf que la droite peut-être éliminée dès ce premier tour. C'est la mésaventure qui lui était arrivée en 2008. Déjà à l'époque, Raoul Delamare n'avait pas accepté l'investiture officielle UMP de Jean-Claude Beaujour. Résultat, ils s'étaient partagés le maigre matelas des électeurs de droite et n'avaient pu franchir le seuil fatidique des 10%, nécessaires pour se maintenir. La droite n'avait donc eu aucun élu au conseil de Paris.

9,29% des voix pour Delamare, 7,31% pour Vaujour. Certes en 2008, Didier Bariani, ancien maire de l'arrondissement conduisait la liste MoDem et avait recueilli 7% des voix. Cette année, il soutient Delamare.

 

Mais avec un FN plus fort qu'en 2008 et une liste "Paris libéré", il est possible que le scénario de 2008 se reproduise. C'est en tout cas un risque.

Cela coûterait alors un ou deux élus à la droite, qu'elle aurait pu espérer en cas de présence au second tour. Cela aurait pu  alors compenser la perte du V ème arrondissement, promis à la gauche dans un sondage du jour

"Les municipales à Paris, c'est une bataille arithmétique. On n'en a pas tenu pas assez compte", regrette un observateur qui juge qu'on aurait du donner plus de chances à l'union dans le 20 ème même s'il fait partager la responsabilité à chacun des deux camps.

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