Célébration du 70e anniversaire du droit de vote des femmes

Mercredi 16 avril 2014, Anne Hidalgo et Najat Vallaud-Belkacem organisent un événement pour célébrer le 70e anniversaire du droit de vote et d'éligibilité des femmes.

Par Isabelle Audin


Le 21 avril 1944, une ordonnance autorisait pour la première fois les femmes à voter et à se présenter aux élections. Il s’agissait alors d’une avancée majeure pour le droit des femmes en France. C’est cet événement historique qu’Anne Hidalgo, maire de Paris, et Najat Vallaud-Belkacem, Ministre des Droits des Femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, appellent à célébrer le mercredi 16 avril dans les Salons de l’Hôtel de Ville. A cette occasion, aura lieu le lancement de la plateforme Pour une Europe des droits des femmes en présence des lauréates du Prix Nobel de la Paix Jody Williams, Shirin Ebadi et Leymah Gbowee ainsi que de la Vice-Présidente de la Commission européenne Viviane Reding.

Dans la foulée, le Président de la République, François Hollande, accueillera plusieurs femmes maires récemment élues.
70 ans de droit de vote et d’éligibilité pour les femmes
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Les Françaises votent pour la première fois le 29 avril 1945, à l'occasion des élections municipales puis, quelques mois après, le 21 octobre 1945 elles participent au scrutin national.
L'ordonnance du 21 avril 1944 prise par le gouvernement provisoire du général de Gaulle à Alger stipule que « les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes ». Deux ans et demi plus tard, le préambule de la constitution du 27 octobre 1946 inscrit ce principe dans les principes fondamentaux de la République : « la loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme ».
Alors que la France avait été l'un des premiers pays à instaurer le suffrage universel masculin, il faudra un long processus pour que ce droit soit étendu aux femmes.
Le droit de vote fut dans un premier temps réservé aux propriétaires de sexe masculin. Les femmes en furent exclues car, estimait-on, leur dépendance économique les empêchait d'exercer un choix libre. Ainsi, sous l'Ancien régime, seules les veuves dotées d'un fief et les mères abbesses pouvaient élire leurs représentants aux États généraux.
À la Révolution, les femmes étant considérées comme « citoyens passifs » et malgré l'appel de Condorcet, elles furent exclues du droit de vote. Exclusion maintenue par la Constitution de 1791. Le code civil de 1804 leur donnait certes des droits civils mais leur refusait la citoyenneté politique.
Au XIXe et au début du XXe siècle, les arguments avancés changent : les devoirs de mère et d'épouse seraient incompatibles avec l'exercice du droit de vote mais, surtout, dans un contexte d'hostilité entre les partisans d'une République laïque et l'église catholique, les femmes sont jugées sous influence cléricale et immatures politiquement.
De la « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » d'Olympe de Gouges (1791) aux actions des « suffragettes » et aux organisations telles la ligue française pour le droit des femmes (1882) et l'Union française pour le droit des femmes (1905), des femmes lutteront pour obtenir le droit de vote, étape majeure sur le chemin de la parité et de l'égalité avec les hommes.

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