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Affaire Ghosn : Rachida Dati visée par une enquête du parquet national financier

Carlos Ghosn avec Rachida Dati au Théâtre du Rond-Point lors des états généraux de l'emploi des jeunes en Europe, le 7 décembre 2010. / © MAXPPP
Carlos Ghosn avec Rachida Dati au Théâtre du Rond-Point lors des états généraux de l'emploi des jeunes en Europe, le 7 décembre 2010. / © MAXPPP

La maire du VIIe arrondissement de Paris est visée par une enquête confiée à l'office anticorruption de la police judiciaire. En avril dernier, un actionnaire de Renault l'avait accusé d'avoir reçu des centaines de milliers d'euros du groupe de façon irrégulière.

Par MT/AFP

L'affaire Ghosn va-t-elle avoir des répercussions sur la classe politique française ? Elle n'arrange en tout cas pas Rachida Dati qui prépare activement sa candidature aux municipales à Paris.
Elle est en effet visée par une enquête préliminaire qui a été ouverte après une plainte visant l'ancienne garde des Sceaux Rachida Dati et le criminologue Alain Bauer pour des contrats avec la filiale néerlandaise de l'alliance Renault-Nissan, selon des informations obtenues mardi auprès du parquet national financier (PNF), confirmant une information de Marianne.

Cette enquête a été ouverte le 31 mai, a indiqué le PNF, sans plus de détails. Elle a été confiée à l'office anticorruption de la police judiciaire (Oclciff).
 

"Les contrats sont douteux de par leurs montants"

La plainte avait été déposée le 17 avril par une actionnaire de Renault pour abus de bien sociaux et corruption active et passive, visant également Carlos Ghosn et son épouse, selon l'avocat de la plaignante.

"Mes soupçons portent sur l'usage inconsidéré des fonds de Renault", a déclaré à l'AFP Me Jean-Paul Baduel. "Les contrats sont douteux de par leurs montants, effectués au profit d'une filiale n'ayant aucune salarié", RNBV.

Filiale à 50-50 entre Renault et Nissan, RNBV était la structure créée par Carlos Ghosn pour incarner l'alliance des deux constructeurs au niveau opérationnel. Depuis plusieurs mois, Nissan accusait cette structure de masquer des dépenses au profit personnel de M. Ghosn. Selon l'avocat, Mme Dati aurait notamment perçu de cette filiale 600.000 euros entre 2009 et 2013.
 

"Des conventions tout à fait régulières"

"Les conventions de Mme Dati sont des conventions tout à fait régulières", a réagi Olivier Pardo, avocat de Mme Dati, indiquant que l'ensemble des sommes avaient été déclarées à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

"C'est un jeu dangereux auquel joue cet actionnaire, il y a un effet d'opportunisme au moment où Mme Dati se lance dans la campagne pour les municipales à Paris", a-t-il ajouté.
 

900 000 euros selon une autre source

Mardi soir, le conseil d'administration de Renault a annoncé que l'audit interne mené conjointement avec Nissan au sein de RNBV avait identifié 11 millions d'euros de dépenses suspectes engagées par l'ancien patron de l'alliance automobile franco-japonaise Carlos Ghosn, mis en examen au Japon pour des malversations présumées.

Les noms de Rachida Dati et Alain Bauer sont cités dans le rapport final de cet audit du cabinet Mazars, selon une source proche du constructeur français.

Selon une autre source, proche du dossier, Rachida Dati aurait touché 900.000 euros d'honoraires d'avocate entre 2010 et 2012, versés par RNBV. Alain Bauer, expert en sécurité, aurait lui touché un million d'euros entre 2012 et 2016. Ces sommes ne font pas partie des 11 millions concernant Carlos Ghosn.
 

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