Bugaled Breizh : quand l'espoir de la vérité naissait à Paris

durée de la vidéo : 00h11mn23s
"Adieu Bugaled Breizh" : quand l'écrivain Yann Quéffelec se penchait sur le naufrage du chalutier. Reportage de Tangi Kermarrec et Thierry Bouilly ©France 3

Le 15 févier 2004, coulait le chalutier breton Bugaled Breizh au large de la Cornouaille anglaise provoquant la mort de cinq marins. Les familles des victimes attendent depuis la vérité sur les causes du naufrage et l'implication d'un sous-marin que ni la justice française et britannique n'a permis de déterminer. En 2009, la parution d'un livre de Yann Quéffelec allait donner un retentissement médiatique au drame suite à une rencontre impromptue à Paris.

"Le hasard est l'ignorance des causes" écrivait René Guénon et la probabilité que la route de Yann Queffélec croise celle de Thierry Lemétayer, fils du mécanicien du chalutier, était mince. Cette rencontre aura pourtant eu lieu rue de Belzunce dans le 10ème arrondissement de Paris, Chez Casimir, restaurant tenu par le chef Thierry Breton. 

À ce moment, l'écrivain a déjà en tête l'écriture d'un livre dédié au drame et à ce navire coulé en une trentaine de secondes. Yann Queffélec est convaincu, comme les familles des victimes, que le bateau a été entraîné au fond par un sous-marin qui se serait pris dans les câbles du chalut. Ce jour-là, un exercice militaire de l'OTAN a lieu dans cette zone de la Manche impliquant notamment des submersibles français, anglais et hollandais.

La parution de son livre retrace de manière romancée le naufrage et l'enquête, fort de son statut d'écrivain de Marine et de ses contacts rue Royale au ministère de la Défense. Son livre en 2009 aura un retentissement médiatique à l'heure où, déjà, la justice française envisageait le non-lieu et attribuait le naufrage à une croche du chalut dans le sable. Une hypothèse qui a toujours paru invraisemblable aux yeux des marins-pêcheurs. 

On a l'impression que les Bretons sont coutumiers de la souffrance maritime. Etant coutumiers du deuil de la mer, on a l'impression et que ça ne leur fait pas trop mal. Cela me scandalise.

Yann Queffélec

Lui-même marin, l'indignation face à l'injustice et la volonté de contribuer par sa plume à l'émergence de la vérité judiciaire seront les moteurs de son livre. "Je suis frappé à chaque fois qu’il se passe un drame de mer de constater qu'on en parle pendant quelques jours, Paris Match sort des photos spectaculaires, on trouve ça affreux et ensuite ou l'oublie extrêmement vite. On a l'impression que les Bretons sont coutumiers de la souffrance maritime. Étant coutumiers du deuil de la mer, on a l'impression et que ça ne leur fait pas trop mal. Cela me scandalise à chaque fois et particulièrement avec l'affaire du Bugaled Breizh, j'ai eu envie de raconter l'histoire de ces gens de mer et leur accorder une mémoire et une postérité dont ils auraient été privés autrement", précise l'écrivain dans une des interviews.

Ce reportage tourné en 2009 suit l'écrivain de la Trinité-sur-Mer à la rencontre de Philip Plisson qui a photographié le Bugaled Breizh en route pour sa dernière marée, à Loctudy port d'attache du chalutier et à Paris où s'est décidé l'écriture du roman à la faveur de l'attachement de l'éditeur Patrick Mahé pour sa région natale.

Il permet une immersion dans cette affaire alors qu'un nouveau livre lui est consacré. Pascal Bodéré, journaliste au Télégramme à Brest a publié Bugaled Breizh : l'enquête et trois jours de colloque sont par ailleurs organisés les 12, 13 et 14 janvier à Pont l'Abbé dans le Finistère. Pour ne pas que cette affaire tentaculaire qui s'est heurtée au secret-défense ne sombre pas.

L'actualité "Nature" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
L'actualité "Nature" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
choisir une région
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité