A Créteil et aux Ulis, les maisons de retraite se préparent à recevoir les familles

Dans cette maison de retraite des Ulis, c'est dans le jardin qu'auront lieu les visites entre les résidents et leurs proches. / © France 3 Paris.
Dans cette maison de retraite des Ulis, c'est dans le jardin qu'auront lieu les visites entre les résidents et leurs proches. / © France 3 Paris.

C'est la principale annonce faite hier soir par le gouvernement. Dès aujourd'hui, les maisons de retraite vont de nouveau ouvrir leurs portes aux proches des résidents. Mais pas dans n'importe quelles conditions. Un soulagement après six semaines de confinement. 

Par Aude Blacher

Depuis ce matin, le téléphone n’arrête pas de sonner à la résidence La Cristolienne de Créteil. Des appels émanant de familles qui souhaitent connaître les modalités pour pouvoir rendre visite à leurs proches. Car depuis le début du confinement il y a six semaines, aucun contact n’avait été autorisé entre les 93 personnes âgées et leurs proches, si ce n’est des appels téléphoniques. Avec les annonces faites hier soir par Olivier Véran, le ministre de la santé, tout a changé.

Le confinement en Ehpad est difficile à vivre pour nos aînés et leurs proches. C’est pourquoi, à la demande d’un résident, sous la responsabilité du directeur d’établissement et dans le cadre d’un protocole strict, les visites pourront reprendre dès demain 

Pour Isabelle Aubois, cadre de santé à La Cristolienne, c’est une très bonne nouvelle. « On a des résidents qui l’expriment fortement en me disant que leurs familles leur manquent, qu’ils n’en peuvent plus, qu’ils veulent sortir. Il y en a d’autres qui vont se replier sur eux-mêmes, développer des formes de dépression.» Pour autant, il n’est pas encore question d’embrassades ni de câlins. L’accueil des proches sera drastique : pas plus de deux visiteurs en même temps, une entrée séparée dans la résidence, l’utilisation de masques et de gel obligatoires et des rendez-vous dans des salles désinfectées avant et après chaque passage. L’objectif, éviter la transmission du coronavirus alors que 45 % des Ehpad recensent au moins un cas de Covid-19. A charge pour chaque directeur d’établissement de définir les modalités.
A Créteil, les 93 résidents n'avaient pas pu recevoir de visite depuis six semaines. / © Céline Cabral / France 3 Paris
A Créteil, les 93 résidents n'avaient pas pu recevoir de visite depuis six semaines. / © Céline Cabral / France 3 Paris
 

"Une dizaine de visites par jour maximum"

Cette logistique est déjà expérimentée dans l’Essonne depuis plusieurs semaines. Au sein du SEGA, Service public essonnien du grand âge qui regroupe quatre maisons de retraites aux Ulis, à Draveil, Morangis et Evry-Courcouronnes, les visites ont été autorisées quasiment dès le début du confinement mais uniquement pour les résidents en fin de vie ou pour ceux qui étaient très déprimés. « Tous les jours, nous avions une à deux visites. Les familles devaient porter des blouses intégrales et des masques et ne pouvaient voir leurs proches que de loin, explique Jamil Adjali, le directeur. Ce qui change à présent, c’est que nous allons multiplier ces rendez-vous physiques. Une dizaine de visites par jour maximum. Les résidents, accompagnés de personnels, iront dans le jardin mais à distance de leurs familles. On ne peut pas faire davantage. »
Les salles à manger, désaffectées depuis six semaines, pourront également recevoir des familles. Des visites décidées au cas par cas, en fonction des recommandations du médecins ou du cadre infirmier. Personnes prioritaires : les résidents fragilisés psychologiquement, ceux qui ne peuvent pas parler et pour qui le contact visuel est primordial.

Dans cette structure comme dans d'autres, le seul frein à ces ouvertures reste la manque de personnel. Lorsque cela sera autorisé, dans l'Essonne, on n’exclue pas de faire appel à des bénévoles pourvu qu’ils aient un équipement de protection. Une demande relayée par l’AD-PA, association des directeurs d’Ehpad. Elle souhaite que le dispositif annoncé hier puisse être étendu aux visites des kinésithérapeutes et des bénévoles pour « préserver et accompagner l’autonomie à la marche et le temps de vie sociale ». 
 

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