Déconfinement : des messes "privées" sont célébrées en l'église Notre-Dame de la Croix à Paris

Les offices religieux ne sont pas autorisés. Leur reprise envisagée le 2 juin reste liée à l’évolution de l’épidémie. Pour répondre à l'attente de ses fidèles, le père Stéphane Palaz célèbre des « messes privées » en l’église Notre-Dame de la Croix à Paris.

Dans cette église, la messe est célébrée devant 9 fidèles.
Dans cette église, la messe est célébrée devant 9 fidèles. © F3PIDF
Dans cette église de l’Est parisien, c’est devant 9 fidèles exactement, pas un de plus, que la messe se tient. Les gestes barrières sont respectés, le port du masque obligatoire. Ici pas de problème en ce qui concerne la distanciation sociale, « la cathédrale de Ménilmontant » comme la surnomme le père Stéphane Palas peut accueillir jusqu’à 800 fidèles.

Réservation obligatoire

« Puisque les réunions de 10 personnes sont autorisées, avec un paroissien informaticien, on s’est demandé comment l’on pouvait faire pour que les fidèles puissent revenir. Et on a trouvé une solution, une plateforme internet de réservations », explique le père Palaz. « C’est comme quand vous allez au spectacle ou à un concert, vous réservez votre place sur internet. Quand les 9 réservations sont atteintes, les inscriptions sont closes. Ensuite chaque inscrit reçoit son invitation sur son smartphone en PDf ou sous forme d’un code QR » poursuit-il. « C’est drôle et décalé » ajoute t-il.

Garder un lien avec les fidèles

Depuis le 12 mars, et malgré la directive du gouvernement, les messes ont donc repris à Ménilmontant. Mais réservées aux seuls 9 inscrits. La porte de l’église est fermée pendant l’office religieux. A raison de 10 messes le week-end, le père Palaz répond peu à peu à la demande de ses 400 paroissiens. « On sentait que les messes manquaient aux fidèles. Certains avaient vraiment besoin de se ressourcer. Une fidèle était en larmes quand elle a enfin pu assister à sa première messe », confie t-il.

Le père Palaz sait que dans ce quartier populaire, certaines personnes ne pourront pas assister aux messes faute d’accéder à internet ou de posséder un smartphone. « La fracture numérique est présente ici » souligne le père Palaz. Il espère une réouverture rapide des lieux de culte notamment pour les fêtes de la Pentecôte. En attendant, faute de mieux, le père Palaz officie et rencontre un certain succès. Toutes les messes sont "sold out"! 

La Conférence des évêques de France souhaite également une ouverture anticipée et a proposé au gouvernement de ne rouvrir les églises qu’à 30% de leur capacité pour respecter les mesures sanitaires.

 
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