En Île-de-France, la parité ne se vérifie pas à tous les niveaux

© France 3 Paris IDF
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Nous avons pris les 104 têtes des 13 listes présentes aux élections régionales d’Île-de-France pour les faire passer au crible des statistiques. Notre objectif : regarder dans les huit départements que compte la région si la parité s’applique aussi aux têtes d’affiches.

Par Pierre-Olivier Chaput

Depuis juin 2000, la parité est inscrite dans la loi. Et cela s'applique aux élections régionales. Pour le scrutin des 6 et 13 décembre, il y a autant de candidates que de candidats selon une modalité d’alternance homme/femme au sein des listes. Mais les textes n’indiquent rien sur la question des têtes de liste départementales. Du coup, chaque parti est libre de choisir si un homme ou une femme emmènera sa liste dans chaque département.

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Tête de liste homme ou tête de liste femme... Quels choix les partis politiques ont-ils faits pour ces élections 2015 ? Voici ce que nous enseignent les statistiques.

# Les listes les plus paritaires

Elles sont cinq à avoir réalisé l’égalité parfaite entre leurs huit têtes de listes départementales. Le Front de Gauche, le Parti socialiste, Europe Écologie-Les Verts, l’Union des démocrates musulmans français et Lutte ouvrière affichent tous quatre femmes et quatre hommes en haut de leurs affiches.

# Les listes avec le plus d’hommes

Ce sont le Front national et l’Union populaire républicaine qui remportent la palme. Avec seulement une femme parmi leurs huit têtes de listes, ils sont de loin les deux rassemblements où les femmes sont les moins visibles.

# Les listes avec le plus de femmes

A l’inverse, Aux urnes citoyens et la Fédération libertaire unitaire et ouverte sont les seules à proposer plus de têtes de listes féminines que masculines. En l'occurrence, cinq femmes et trois hommes mèneront les listes départementales pour chacune de ces deux formations.

Et la parité, dans les départements ?

Sur toute la région, ce sont 44 femmes et 60 hommes qui se sont élancés en tête de liste dans la course aux élections régionales.  Ces derniers occupent toujours une position privilégiée en haut de l’affiche. Et c’est encore plus vrai lorsque l’on regarde qui sont les candidats à la présidence de la région, les « boss » de chacune des 13 listes : neuf hommes et quatre femmes. Aux élections régionales de 2015 en Île-de-France, la proportion de femmes éligibles à ce poste est donc de seulement 30 %.

Dans le détail, dans bon nombre de départements, la compétition pour les votes restera extrêmement virile.

# Le département "le plus masculin"

C’est en Seine-Saint-Denis que les têtes de liste féminines se font les plus rares. Avec seulement trois femmes investies dans cette position, elles ne représentent même pas 25 % soit le quart des têtes de liste du département. Pour espérer rejoindre les rangs des conseillers régionaux, c’est face à dix hommes qu’elles devront batailler.

# Les départements "les plus féminins"

Les femmes sont majoritaires parmi les têtes de listes à Paris et dans les Hauts-de-Seine​. Dans ces deux départements, huit listes emmenées par des femmes s’opposeront à cinq listes emmenées par des hommes.

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Des têtes de listes régionales... en retrait

Que ce soit par accord électoral au sein d’une coalition, volonté de ne pas se trouver en position éligible afin d’éviter un cumul de mandats ou bien par choix politique, trois des têtes d’affiches régionales ne se trouvent pas en tête de leur liste au niveau départemental.

Il s’agit de Pierre Laurent, en troisième position sur la liste du Front de Gauche à Paris ; Nathalie Arthaud qui est dauphine de la liste Lutte ouvrière en Seine-Saint-Denis et Dawari Horsfall, colistier de la liste d’Union citoyenne, en dernière position de celle-ci dans le département de l’Essonne.

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