En première ligne face à la Covid, les assistants d'éducation en grève ce mardi 26 janvier

Conditions de travail, effectifs, statut, salaire. Mardi 26 janvier, les surveillants du collège Evariste Galois à Bourg-la-Reine seront en grève et participeront à la journée d’action à l’appel des syndicats enseignants. En première ligne face à la covid ils ont vu leur quotidien se dégrader.

Les Assistants d'éducation seront en grève demain mardi 26 janvier.
Les Assistants d'éducation seront en grève demain mardi 26 janvier. © Le Pictorium/Maxppp

"Nous serons devant les grilles du collège avec les profs dès 7 heures 30 du matin", affirme Marie, dont le prénom a été modifié, surveillante au collège Evariste Galois à Bourg-la-Reine.

Dans ce collège des Hauts-de-Seine, les chiffres parlent d’eux même. "Nous sommes trois à temps-plein pour 800 élèves, et il y a deux mi-temps, deux ou trois fois par semaine. Si l’un d’entre nous tombe malade ou passe un examen, il n’est pas remplacé", témoigne cette assistante d’éducation. Une réalité dénoncée par Michaël Marcilloux, secrétaire national CGT-Education : "Cela fait des années que nous réclamons une brigade de remplaçants. Quand un surveillant est absent, il n’est que rarement remplacé", déclare-t-il.

Ceux que l'on a coutume d'appeler les pions, surveillent les entrées et les sorties des élèves, la cantine, les absences, les carnets, les heures de permanence et - quand ils le peuvent - aident aux devoirs ou encadrent des sorties scolaires culturelles ou sportives. Rouages essentiels de la vie scolaire, les AED, les assistants d'Education, en ont aujourd'hui ras-le-bol.

En première ligne face à la Covid

Les surveillants ont vu leurs conditions de travail se dégrader avec la pandémie. "La Covid et les nouvelles règles sanitaires au sein des établissements ont multiplié nos tâches. Par exemple, beaucoup d’élèves ne mangent plus à la cantine et sont externes. Cela crée un énorme brassage à l’entrée du collège. Au lieu de faire sortir 200 élèves, on en fait sortir 400 ou 500. On est souvent seul à la grille. Parfois deux. Je me suis fait bousculer et piétiner", témoigne Marie.

"La gestion de la cantine est également compliquée car selon les nouvelles règles sanitaires les élèves doivent déjeuner par classe et par niveau et nous ne sommes pas assez nombreux pour filtrer", ajoute-t-elle. 

La crise sanitaire a cristallisé la colère des surveillants. Une surcharge de travail mal vécue par cette profession au statut déjà très précaire et dénoncé par les syndicats. "Les AED ont des contrats d'un an renouvelables six ans, réservés aux étudiants ou, dans les régions avec peu d’étudiants, à des contractuels mal payés (Ndlr : Smic) avec aucune possibilité de maintien dans l’emploi au-delà des six ans", ajoute le secrétaire national de la CGT-Education, soulignant également les temps partiels parfois imposés, ou des formations insuffisantes.

Titularisation et augmentation salariale

Aujourd'hui les AED réclament un vrai statut au sein de la fonction publique. "Je suis pour la titularisation de ces emplois dans l’Education nationale car au bout de six ans certains veulent continuer ce travail", affirme Marie.

"Ce personnel réclame un vrai statut et souhaiterait pour certains, être embauché, continuer au-delà des six ans. A la CGT education nous pensons qu'il faut de vrais postes autour de la vie scolaire en plus des CPE", ajoute Michaël Marcilloux.

Les surveillants d'éducation se joindront demain à la journée de mobilisation nationale et de grève pour la défense des salaires des enseignants à l'appel de six organisations syndicales, notamment la FSU-SNUIPP, la CGT, SUD ou FO.

Dans la capitale, la manifestation doit partir de Luxembourg à 13 heures pour se diriger vers le ministère de l'Education national, rue de Grenelle.

 

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