Aux assises d'Evry, le procès de Younès Bounouara. Serge Dassault en toile de fond

© Arnaud Journois/MaxPPP
© Arnaud Journois/MaxPPP

Le procès de Younès Bounouara, proche (certains disent "homme de main") de l'ancien maire de Corbeil-Essonnes Serge Dassault pour tentative d'assassinat, s'ouvre mardi 10 mai, à Evry. 

Par Christian Meyze

Qu'il se présente au procès (il est convoqué vendredi 13 mai comme témoin) ou pas, l'ombre de Serge Dassault planera tout au long de ce procès d'assises prévu pour durer jusqu'au mercredi 18 mai.

Car Younès Bounouara, 43 ans, ancien animateur "grand frère", ancien chauffeur, surnommé "Gros lézard" du fait de son embonpoint à Corbeil-Essonnes où il est tout à la fois incontournable, craint et détesté, est considéré comme "l'homme de main" indéfectible et dévoué de Serge Dassault.

Dassault, élu maire de Corbeil-Essonnes pour la première fois en 1995, recrute Younès Bounouara pour entrer et circuler dans les quartiers les plus sensibles de la ville. Bounouara y connaît tout le monde et tout le monde le connait. Grâce à lui, Dassault ira au plus près du "terrain", participera aux réunions de quartier et rencontrera les familles. "On a besoin d'intermédiaires lorsqu'on fait de la politique et qu'on est maire", a dit celui qui est aussi sénateur (Les Républicains) de l'Essonne.

Le 19 février 2013, Fatah Hou, boxeur professionnel, le croise en voiture à Corbeil, sur la nationale 7, lui bloque le passage et, selon lui, le menace de mort. Le contentieux ? Bounouara a touché deux millions d'euros de l'ex-maire Serge Dassault, mis en examen pour achat de votes lors des municipales de 2009 et 2010, et ne les pas redistribués "comme il devait le faire", affirme Fatah Hou.

Plus tard dans la journée, Bounouara "humilié" et fragilisé par une opération qui lui a fait perdre près de 100 kilos, dégaine son "pétard" au passage de la voiture de Hou. Le boxeur, grièvement touché, s'en sort avec de graves séquelles et dit adieu à sa carrière. C'est ce coup de sang du 19 février qui amène Younès Bounouara devant les assises. "Younès est un garçon charmant, qui a des valeurs, mais des valeurs de mafieux. On l'emmerde, il tire", raconte son ancien patron André Breuzard.

Voir le reportage de Laurence Barbry et Isabelle Audin
Aux assises d'Evry, le procès de Younès Bounouara. Serge Dassault en toile de fond

 

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