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Pour les victimes de la catastrophe de Brétigny, le soulagement et l'amertume

Les victimes de la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orgne ont été reçues lundi par les juges d'instruction, après trois années d'enquête. Durant trois heures, ont pu écouter l'avancée des investigations et poser des questions aux magistrats.
Les victimes de l'accident de Brétigny-sur-Orge reçues par les juges d'instruction, le 9 mai 2016.
Les victimes de l'accident de Brétigny-sur-Orge reçues par les juges d'instruction, le 9 mai 2016. © IP3 PRESS/MAXPPP
Les victimes et familles de victimes de la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, dans l'Essonne, ont été reçues par les juges d'instruction en charge de l'enquête. Durant trois heures, les magistrats instructeurs leur ont exposé l'avancé de l'enquête sur cet accident qui fit sept morts et des dizaines de blessés le 12 juillet 2013.

70 personnes, sur les 167 constituées parties civiles et convoquées par les juges, ont répondu présent lundi au tribunal de grande instance de Paris pour écouter le rapport des juges d'instruction, et leur poser des questions.

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"Un coup d'épée dans l'eau"

"C'était une journée très importante, les victimes étaient en attente de ce premier contact avec les juges", a expliqué Thierry Gomes, président de l'association "Entraide et défense des victimes de la catastrophe de Brétigny" (EDVCB). Ce dernier, qui a perdu ses parents dans le déraillement du Paris-Limoges, a cependant qualifié d'"un peu mitigées" les réponses apportées par les juges.

Selon l'avocat de plusieurs victimes, Me Alexandre Varaut, cette rencontre est même "un coup d'épée dans l'eau". "Ce qui a été dit, les avocats le savaient déjà et les victimes n'ont pas entendu ce qu'elles voulaient, c'est-à-dire des délais et des responsables", a-t-il ajouté.

En trois années d'enquête, les juges n'ont pour l'heure pas prévu de pointer les responsabilités de personnes physiques. Seules deux personnes morales ont été mises en examen pour homicides et blessures involontaires : la SNCF et Réseau ferré de France. Trois cheminots de la SNCF, chargés de la surveillance des voies au moment du déraillement, ont par ailleurs été placés sous le statut de témoin assisté.
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