Corbeil-Essonne : un fourgon de policiers attaqué dans le quartier des Tarterêts

Les faits se sont produits mercredi en fin d’après-midi dans ce quartier, théâtre de nombreuses scènes d’émeutes et de tensions entre des groupes et les forces de l’ordre.
Un nouvel épisode de tension s'est produit mercredi après-midi dans le quartier des Tarterêts, à Corbeil-Essonne. Un fourgon de police a été attaqué par une trentaine d’individus armés de cocktails molotov et de mortiers d’artifices.
Un nouvel épisode de tension s'est produit mercredi après-midi dans le quartier des Tarterêts, à Corbeil-Essonne. Un fourgon de police a été attaqué par une trentaine d’individus armés de cocktails molotov et de mortiers d’artifices. © Crédits : MAXPPP

Après deux jours de calme, nouvel épisode de tension dans le quartier des Tarterêts, à Corbeil-Essonne. Un fourgon de police a été attaqué ce mercredi 8 septembre en fin d’après-midi par une trentaine d’individus armés de cocktails molotov et de mortiers d’artifices.

Les faits se sont déroulés rue Paul Cézanne. "L’équipage se trouvait face à une 30 d’individus, porteurs de cagoules et de gants, lançant des mortiers, des pavés et des bouteilles incendiaires", a écrit hier la Police nationale du département sur son compte Twitter, ajoutant par ailleurs dans un deuxième tweet que l’un des assaillants était en possession d’une "arme de poing". Les forces de l’ordre ont été contraintes de faire demi-tour suite à cette attaque.

Le syndicat de police Alliance 91 a relayé hier des images impressionnantes de cette attaque dans une vidéo postée sur son compte Facebook. "Le quotidien de violence subie par nos collègues est à un seuil inadmissible !", écrit le syndicat.

La CRS 8 – force d’appui rapide crée en juillet par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin – est sur place depuis hier soir, a-t-on appris d'une source policière qui a également précisé que la nuit a été calme.

"Un travail de présence"

Contacté par France 3 Paris Île-de-France, Claude Carillo, secrétaire départemental du syndicat de police Alliance de l'Essonne, explique que ce genre d'incident est "un phénomène qui est déjà arrivé, qui se reproduit de façon rituelle suivant les occasions". "Depuis de longs mois, mes collègues effectuent un travail de présence très forte sur le terrain. Aujourd’hui, ce travail se traduit par les violences subies. Hier soir, plusieurs individus ont voulu faire fuir les policiers qui viennent tous les jours pour faire cesser leur trafic", ajoute-t-il.

"Malheureusement, nous ne sommes pas écoutés, en tant que citoyens et en tant que syndicalistes lorsqu’on dit que l’on manque d’effectif ou que les sanctions ne sont pas assez fortes. Il y a un sentiment d’impunité insupportable. L’action de la police n’est pas confortée par l’action de la justice. C’est un débat essentiel", martèle Claude Carillo.

Gilets roses et appels au calme

Cette attaque survient en pleine période de tensions – qui durent depuis le 2 septembre – dans le quartier des Tarterêts entre des groupes et les forces de l’ordre. A l’origine : le gazage par un policier d’une mère de famille après l’interpellation de son fils. La scène a été filmée par un voisin et a fait le tour des réseaux sociaux. On y voit la mère de famille tentant de s’approcher de son fils, maîtrisé par les policiers. L’un d’eux la gaz au visage pour la repousser. Le 2 septembre, les policiers étaient intervenus après un rodéo urbain.

Pour tenter de calmer la situation, un collectif de mères de famille de la ville ont formé un collectif : les Gilets roses. "Nous, on est des mamans. Les enfants nous écoutent. On est là et on se bat pour nos enfants et pas contre la police", nous confie Kadiatou Camara, membre des Gilets roses.

 

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