Dans l'Essonne, un agriculteur propose des tours... en moissonneuse-batteuse

Le site créé par David Forge permet à chacun d'entrer en contact avec un agriculteur près de chez lui afin de visiter son exploitation pendant les moissons. Rencontre avec Pierre Bot, agriculteur à Saclay, qui a déjà reçu 8 visites cette année.

Particulier cherche moissonneuse. Sur le site de David Forge, agriculteur youtubeur, 130 petites annonces ont germé pendant les moissons, en Île-de-France comme dans tout le pays. La page moissonneuse.fr est née en 2018 afin de "connecter les curieux qui n'ont plus de lien direct avec l'agriculture", explique le fondateur. Originaire d’Indre-et-Loire, David Forge est fort de plus de 70.000 abonnés sur sa chaîne Youtube, où il explique son métier. "C'est un lien qui se perd, reprend David Forge. Le site s'adresse autant aux urbains qu'aux ruraux."

Chaque année au début de l'été, David Forge met en ligne les annonces des agriculteurs qui proposent de venir découvrir gratuitement leur métier à travers un tour de moissonneuse. « Il y a une communauté d’agriculteurs très active sur Twitter. La carte de moissonneuse.fr a ouvert le 25 juin. Par rapport à l’année dernière, il y a déjà 50 annonces de plus », sourit l’internaute.
Pour Guillaume Ricaud, fils d’agriculteurs du Gers aujourd’hui ingénieur parisien, monter dans la moissonneuse de Pierre Bot, agriculteur à la ferme Trubuil à Saclay, a un goût de madeleine de Proust. « Ça me rappelle des souvenirs d’enfance. Et je constate que le métier a beaucoup évolué ! Sans compter que ça permet à mon fils, Gaël, de découvrir ce milieu. C’est un peu un retour à la campagne », souligne-t-il. Enthousiasmé par ce dispositif, c’est la deuxième ferme qu’a visitée l’ingénieur depuis la création du site. 

 Une moissonneuse en pilotage automatique

Ce succès tient beaucoup à l’attrait de la machine. Yael Marriotte, grand-mère de Jules, 6 ans, se souvient de l’émerveillement de son petit-fils parisien.

Ce qu’il a préféré, ce sont les finitions des moissons. La moissonneuse se conduit quasiment en pilotage automatique, sauf au moment des finitions, où le pilote doit manœuvrer. C’est impressionnant, on est au-dessus d’une mer de blé. 

Guillaume Ricaud et Yael Mariotte font partie des 8 visiteurs que Pierre Bot a reçu depuis le début des moissons, il y plus d’une semaine. Il en attend une quinzaine cette année, pour sa première inscription sur le site.Pour le créateur de l'initative, pas de doute, la cabine de la moissonneuse permet de créer une "intimité" propice à la discussion entre l'agriculteur et le visiteur. "Cela évite de donner un avis de trop loin et permet de poser toutes les questions, détaille-t-il. C'est une jolie porte d'entrée vers la compréhension du métier. Et ça permet de savoir d'où vient ce qu'on mange !"