Idée de sortie : à une heure de Paris, Milly-la-Forêt, ses plantes, la mémoire de Cocteau et une sculpture gigantesque

Dans l'Essonne, au cœur du Gâtinais, découvrez Milly-la-Forêt. À la fois capitale des plantes aromatiques, lieu de l'ancienne demeure de Jean Cocteau et abritant une œuvre monumentale et hors du commun du sculpteur Jean Tinguely.

A une cinquantaine de kilomètres de Paris, Milly-la-Forêt (Essonne), est riche d'un patrimoine architectural et culturel.
A une cinquantaine de kilomètres de Paris, Milly-la-Forêt (Essonne), est riche d'un patrimoine architectural et culturel. © France 3 Paris Ile-de-France
À une heure de Paris, au cœur du Gâtinais, sur les pas de celles et ceux qui ont fait de cette région la capitale des plantes. Un passé quelque peu oublié aujourd'hui. Mais qu'à cela ne tienne, grâce à quelques passionnés, ces fleurs sont sur le point de réapparaitre dans le paysage francilien.
 

Milly-la-Forêt, capitale francilienne des plantes aromatiques et médicinales


On y fait pousser des plantes originaires des quatre coins du monde. Ce jardin est une micro-planète. Europe, Afrique, Asie : 1 000 parfums d'ailleurs réunis sur quelques mètres carrés.

Dire que ces essences locales ont disparu du territoire. Le moment est peut-être venu de les réintroduire. "Elles sont faiblement demandeuses en intrant et en eau. Dans une perspective de réchauffement climatique, ce sont des plantes d'avenir", pense Agnès Le Men, directrice du Conservatoire National des Plantes.

130 familles travaillaient sur ces terres autrefois. On y cultivait camomille, lavande et autres aromates. Avant la révolution agricole, la récolte se faisait à la main, et l'on travaillait sans relâche. C'est le travail à l'usine et l'émergence de molécules de synthèse qui ont eu raison de ces cultivateurs.

Un siècle plus tard, comme une carte postale de Provence, des parcelles de lavandes apparaissent à une heure de Paris. Elles permettent de produire des essences en petites quantité. Et pourquoi pas, à l'avenir, étendre voire multiplier les variétés. "Cela nous fait vraiment plaisir de voir du lavandin qui pousse dans des plaines céréalières. De voir du thym qui apparaît. De nouvelles cultures en fait", explique Mathilde Berchet du groupement de producteurs Cuma Milly PPAM.

"Milly était une terre de lavande. C'est aussi logique de réintroduire des espèces locales. C'est important en ce moment", indique Guillaume Berrière, un cultivateur.

À l'échèle nationale, la filière est en plein essor avec 20% des surfaces exploitées en plus ces dernières années.

► Découvrez cette capitale des plantes aromatiques en images :
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Milly-la-Forêt, capitale francilienne des plantes aromatiques et médicinales ©France 3 Paris Ile-de-France
 

Sur les pas de Jean Cocteau


La Belle et La Bête, Le Testament d'Orphée … Fort de son succès, Jean Cocteau avait en effet choisi de s'éloigner du tumulte de la vie parisienne. Petit tour dans la maison du poète, où tout est resté intact.


Sa maison, ou plutôt son immense château, construit au XVe siècle, Jean Cocteau s'y est installé dans les années 1940. Il y a passé les 17 dernières années de sa vie. La pièce principale est restée en l'état. Ce qui frappe, c'est la quantité impressionnante d'objets. Bric-à-brac qui reflète l'esprit de poésie cher à Jean Cocteau.

Puisant dans une enfance hantée par le suicide de son père qui s'est tué d'une balle dans la tête, l'artiste créera tout azimut poèmes, peinture et surtout longs métrages qui marqueront le public.

À l'époque, fort de son succès, il est assaillit par les fans et les photographes. Milly-la-Forêt va lui permettre de retrouver la liberté tout en continuant à recevoir dans ce coin de paradis le Tout-Paris.

"Il invitait beaucoup. Il avait beaucoup d'amis, beaucoup d'artistes venaient ici comme Picasso, Bérard ou Marlene Dietrich. Mais quand il le choisissait", raconte Pascale Lehautey, directrice de la Maison Jean Cocteau.

"Il a fait don de ses talents à la chapelle qu'il a marqué de son empreinte et par la même, marquée Milly de son emprunte", poursuit-elle.

Comme ce 24 avril 1960 où Cocteau est attendu à la chapelle du village dans laquelle il a peint une fresque. "Le maire, une fois que la chapelle a été prête, m'a demandé d'y peindre ce qui me plaisait. C'était le Christ dont la main est auréolée. Il sort du tombeau, les gardes dorment et l'ange tient encore le linceul à la main", expliquait-il à l'époque.

Soixante ans plus tard, les habitants s'enorgueillissent de ce passé.

► La demeure de Jean Cocteau en images :
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Sur les pas de celui qui a marqué de son emprunte Milly la Forêt : Jean Cocteau ©France 3 Paris Ile-de-France
 

Une œuvre architecturale hors du commun : Le Cyclop

C'est un colosse d'acier, un monument architectural articulé au cœur de la forêt. Il s'agit d'une œuvre imaginée il y a 50 ans par un collectif d'artistes plasticiens et sculpteurs. Plus qu'une œuvre d'art,  c'est une aventure utopique qui s'est concrétisée au milieu de la verdure.

20 mètres de haut, 300 tonnes de matériaux et une importante machinerie. À l'intérieur, chaque étape ouvre sur un univers fantasmagorique. Par exemple, un studio parisien minutieusement reconstitué renversé sur lui-même. "On y voit la manière dont vivaient les étudiants dans les années 1950 à Paris dans ce qu'on appelle une chambre de bonne, sous les toits", précise François Taillade, conservateur de l'œuvre Le Cyclop.

Car c'est avant tout une œuvre collective emmenée par un artiste. Au lendemain des révoltes de 1968, Jean Tinguely choisit Milly-la-Forêt pour y concevoir un projet autant architectural que poétique dans lequel l'humain se trouve pris au piège de sa propre machination.

"Dans le contexte très complexe de notre époque industrielle et automatique, il était peut-être intelligent de réfléchir un peu sur comment faire fonctionner les œuvres d'art dans cette époque tellement dynamique", expliquait à l'époque le sculpteur.

De la passion fracassante du marteau amoureux au spectacle secouant d'une salle de théâtre, le cerveau fiévreux du monstre tourbillonne dans un perpétuel balancement, une inexorable agitation.

"Pour Jean Tinguely, ce qui est très important, c'est le mouvement. Pour lui, le mouvement, c'est la vie. Même après sa mort, quand vous voyez toute cette mécanique, cela veut dire que son œuvre est encore en vie", indique le conservateur.

Accueillant avec un brin de malice celles et ceux qui s'y aventurent, la créature promène son œil sur la forêt comme pour affirmer que le colosse d'acier est ici chez lui, au cœur des arbres.

► Le Cyclop en images :
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Une œuvre architecturale hors du commun : Le Cyclop ©France 3 Paris Ile-de-France
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