Une marche funèbre à Saclay pour défendre l'environnement

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Écrit par Emmanuelle Hunzinger avec Yoann Dorion

Convergence des luttes environnementales en Essonne : différents collectifs ont manifesté ce mardi à Saclay dans le cadre de la journée d'actions "Retour sur terres". Ils dénoncent l’artificialisation des terres agricoles du plateau et la future ligne 18 du Grand Paris Express.

Le collectif contre la ligne 18 et l'artificialisation des terres (CCL 18), Alternatiba Paris, Les Jardins à défendre d’Aubervilliers ou encore le Collectif pour le Triangle de Gonesse... Les militants franciliens qui luttent pour la protection de l'environnement ont répondu à l'appel de la journée nationale de mobilisation "Retour sur Terres" ce mardi.

Point de rendez-vous : le plateau de Saclay, devenu l'un des symboles de la bétonisation des terres agricoles en Île-de-France. Dans le collimateur, la future ligne 18 du Grand Paris Express.

 La ligne 18 du Grand Paris Express

Actuellement en construction, cette ligne de métro automatique de 35 kilomètres prévue dans le cadre du Grand Paris Express reliera à terme la ville de Versailles dans les Yvelines et l'aéroport Paris-Orly dans le Val-de-Marne. 

Pour les militants, la future ligne 18, qui traversera des terres réputées comme les plus fertiles de la région, est un désastre écologique pour le plateau qui a déjà vu au fil des années une partie des terres agricoles détruites au profit du campus Paris Saclay ou de l'étalement des villes voisines.

"Il y a d'autres solutions que cette ligne 18 pour desservir le plateau qu'on a jamais voulu considérer. Et en plus de cela, elle n'a pas le bon tracé. Elle circule d'est en ouest comme le RER B et le RER C alors qu'en fait, les besoins de transport sont Nord-Sud. Une solution de transport vraiment efficace serait par exemple un téléphérique qui circulerait depuis Orsay ou Le Guichet vers le campus urbain qui vient d'être créé", explique Fabienne Mérola, du Collectif contre la ligne 18 et l'artificialisation des terres et chercheur au CNRS.

"On a besoin de transports sur le plateau mais qui soient adaptés ( ...) et qui ne vont pas manger les terres", ajoute François, un habitant des Ullis, soulignant que les terres d'une des dernières fermes du plateau vont être coupées en deux par la ligne du métro.

Par ailleurs, il dénonce la fuite en avant que constitue l'arrivée du béton : "Le gros défaut de cette ligne 18, c'est qu'elle a pour conséquence l'urbanisation du plateau."  En effet, selon France Nature Environnement IDF et le collectif Sauvons les terres de Saclay, qui se réfèrent à une étude du Secrétariat Général Pour l’Investissement (SGPI), la ligne 18 ne serait rentable que si le plateau est plus largement urbanisé. "En effet, dans ses conclusions de février 2020-29, le Secrétariat Général Pour l’Investissement (SGPI) a énoncé très clairement le caractère économiquement impérieux de l’urbanisation massive associée à la ligne 18" , écrivent-ils dans une étude sur l'impact de la ligne 18citant à l'appui le SGPI : "les bénéfices attendus [de la ligne 18…], notamment ceux attendus des effets d'agglomération et de la création nette d'emplois, qui représentent désormais plus de 70% du bénéfice présenté, ne seront au rendez-vous que si le plateau de Saclay […] offre rapidement la forte densité espérée."

Die-In et enterrement

Pour alerter sur la disparition du vivant, les militants ont symboliquement enterré une mésange. "Pour la ligne 18, 20 hectares de terre risquent d'être détruits. Cela a des répercussions sur le vivant et l'agriculture. Cette ligne va créer une frontière, une barrière entre les deux côtés du plateau. La circulation des espèces animales comme les chevreuils par exemple", estime Sabrina du "Collectif contre la ligne 18 et l'artificialisation des terres" qui souligne le risque de disparition des espèces animales ou végétales.

Autre action symbolique, un die-in. Les manifestants se sont allongés plusieurs minutes devant un des chantiers de la ligne 18 près dans le quartier Polytechnique.

Le premier tronçon de la ligne 18 est prévu pour entrer en service en 2026.