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Pour trouver une porte de sortie à la crise des gilets jaunes, Emmanuel Macron lance le Grand Débat National le 15 janvier 2019. D'abord annoncée comme un "fiasco", l'initiative va faire débattre des dizaines de milliers de personnes dans l'Hexagone. Les Franciliens vont aussi s'emparer de cette opération, mais de façon inégale, reflétant un territoire complexe.

Engouement à Paris

S'il y a bien un lieu où le Grand Débat National a reçu un engouement, c'est dans la capitale française. Les Parisiens ont tenu au total 391 "Réunions d'initiatives locales" (RIL) se plaçant en tête des départements qui ont le plus participé à cet événement.

Fin janvier 2019, ils étaient nombreux à s'être inscrits pour être entendus dans le cadre d'une séance organisée par la mairie de Paris. Réunis dans la grande salle du Conseil municipal de l'Hôtel de Ville, ils avaient chacun 2 minutes pour s'exprimer.
Budget, environnement, imposition ou taxes sur le tabac : les sujets et préoccupations étaient très divers. Mais à la sortie, les participants se réjouissaient de la qualité du débat et d'avoir été écoutés.

► Grand Débat National : la mairie de Paris écoutait des Parisiens le 25 janvier 2019.
Le Grand Débat dans la salle du Conseil municipal de la mairie de Paris
Intervenante : Pauline Veron, adjointe chargée de la démocratie locale et de la participation citoyenne (PS) - France 3 Paris - Île-de-France - Geneviève Faure, Mustapha Tafnil et Valérie Jonnet
Emmanuel Macron à Evry-Courcouronnes le 4 février 2019. / © Ludovic MARIN / POOL / AFP
Emmanuel Macron à Evry-Courcouronnes le 4 février 2019. / © Ludovic MARIN / POOL / AFP

Moins d'échos dans les quartiers populaires

Le 4 février dernier, le président de la République, Emmanuel Macron, se rendait à Évry-Courcouronnes dans l'Essonne pour assister à une réunion du Grand Débat. Six heures de débats où de nombreux thèmes ont été abordés : droit de vote des étrangers, contrats aidés, subventions aux associations ou discriminations.

Si cette réunion a fait salle comble, elle reste une exception. Ainsi, le Val d'Oise, le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis font partie des départements franciliens où se sont tenues le moins de RIL avec respectivement (135, 128 et 85 réunions organisées en trois mois).

Le 19 janvier, le maire de Villiers-le-Bel dans le Val d'Oise organisait une séance de débat dans une école. Mais la salle était beaucoup plus clairsemée sans la venue du président de la République.

"Vous seriez venus il y a deux mois, cette salle était pleine à craquer parce qu'on va démolir deux tours et cela touchait le quotidien des habitants, là ils se sont déplacés. Oui, il y a des restrictions, ce sont souvent les mêmes que l'on voit dans les réunions", constatait alors le maire de la commune, Jean-Louis Marsac (DVG).

Et les participants semblaient aussi plus dubitatifs sur la réelle utilité de leur venue. "Je doute un peu, mais je participe", affirmait ainsi un débateur.

Le Grand Débat National à Villiers-le-Bel (Val d'Oise).
Le Grand Débat à Villiers-le-Bel, une commune du Val d'Oise
Intervenants : Jean-Louis Marsac, maire (DVG) de Villiers-le-Bel; Véronique Buchelberger, Membre d'un conseil de quartier à Villiers le Bel. - France 3 Paris - Île-de-France - William Van Qui, Abdel Joudi et Pierre-Marie Noublanche
Un panneau de doléances mis a la disposition des Parisiens (Photo prise le 25 Janvier 2019). / © Le Pictorium/MAXPPP
Un panneau de doléances mis a la disposition des Parisiens (Photo prise le 25 Janvier 2019). / © Le Pictorium/MAXPPP

La question des services publics en milieu rural

Autre territoire, autres revendications. La commune d'Eaubonne dans le Val d'Oise, a aussi organisée sa réunion. Une cinquantaine d'habitants se sont réunis dans cette municipalité qui en compte 25.000.

Parmi les problématiques abordées, la question de l'accès aux services publics. "Il faut qu'il y ait un maillage territorial avec ses points relais et ses concentrations de service de l'État", pense Jean-Luc, un ancien chirurgien.

Si quelques jeunes sont présents, ce sont surtout des personnes retraitées qui se sont déplacées ce jour-là. Alors certaines municipalités ont cherché à mettre en place des solutions pour toucher un public qui a tendance à moins s'exprimer.

 Le Grand Débat National à Eaubonne (Val d'Oise).
A Eaubonne (Val d'Oise), les préoccupations sont portées sur l'accès aux services publics
Dans cette commune rurale, l'accès aux différents services publics est une question cruciale. - France 3 Paris - Île-de-France - Amélie Lepage, Mustapha Tafnil, Thierry Rousseau et Stéphane Wislin.
Un livret sur le Grand Débat National lors d'une séance à l'Assemblée national (Photo prise le 5 mars 2019). / © IP3 PRESS/MAXPPP
Un livret sur le Grand Débat National lors d'une séance à l'Assemblée national (Photo prise le 5 mars 2019). / © IP3 PRESS/MAXPPP

Comment toucher ceux qui se taisent ?

La mairie de Paris, par exemple, s'est associée avec l'association Entendre la France pour approcher les jeunes, partant du constat qu'ils étaient très peu présents lors des réunions. Ils ont créé un système permettant d'émettre des propositions via Messenger (la messagerie de Facebook). Un succès qui a permis de recueillir plus de 200.000 propositions à ce jour.

La municipalité ne s'est pas arrêtée là. Elle a aussi mis en place une caravane itinérante appelée la "Mairie mobile" qui a sillonnée la capitale pendant cinq jours à la fin du mois de février. En parallèle, des stands itinérants vont recueillir la parole de citoyens dans des gares et des bureaux de poste.
Le 15 mars, date de fin du Grand Débat National, il sera temps pour le gouvernement de dresser le bilan de ces trois mois de consultation des Français. Et pour les participants, le temps de savoir s'ils ont eu le sentiment d'être vraiment écoutés.

► Approcher ceux qui ne participent pas au Grand Débat National.
Grand Débat : ces initiatives pour approcher ceux qui ne participent pas
Intervenants : Léon, médiateur; Sébastien Cauwel, directeur de cabinet du préfet de l'Essonne; Emmanuel Letourneux, responsable de la caravane. - France 3 Paris - Île-de-France - Florient Carrière, Didier Morel et Pascal Ngankam