À Meudon, mobilisation contre le projet du réaménagement de la colline Rodin et de la carrière Arnaudet

Publié le
Écrit par Toky Nirhy-Lanto .

Des riverains et associations se sont réunis colline Rodin à Meudon, ce vendredi 16 septembre. Ils poursuivent leur mobilisation contre l'idée de combler la carrière située sous le site, en vue de construire des immeubles de luxe.

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Le chantier de comblement de la carrière Rodin débute sous les protestations, à Meudon (Hauts-de-Seine). Plusieurs habitants mobilisés, ainsi que des militants de l'association Extinction Rébellion ont de nouveau protesté sur le lieu des travaux, ce vendredi 16 septembre. Ils réclament la suspension et la révision du projet de réaménagement du site.

Un site chargé d'histoire

Hors de question de réaménager la colline Rodin, pour Magdaleyna, 36 ans. Cette habitante habite à 500 mètres du site. Elle est la coordinatrice du collectif Arnaudet, du nom de la carrière présente sous la colline. « Nous ne sommes pas contre le fait de construire, mais là, on détruit le dernier poumon vert de la ville. On le détruit pour installer un parc public et 28.000 m2 de logements. Pour moi, la colline représente l'un des derniers espaces de biodiversité du secteur. C'est important qu'on le garde, surtout en ces temps de dérèglement climatique », s'indigne-t-elle. 

Ce n'est pas le seul élément qui met l'association en colère. Sous le site, se trouve un réseau de galeries souterraines. Il s'agit de la carrière Arnaudet, un site qu'il faut préserver, à en croire François de Vergnette. Cet habitant de Meudon, 56 ans, estime qu'il était important de participer à la mobilisation. « Cette carrière fait partie de la mémoire de la Terre. Elle a été formée il y a 60 millions d'années, et c'est de là qu'on extrait le "blanc de Meudon", cette craie qui est maintenant très connue. Il s'agit de la seule crayère d'Île-de-France qui soit classée parmi les sites naturels remarquables, au sens du ministère de la Transition écologique », nous explique le professeur d'université féru de patrimoine.

« Il y a huit kilomètres de galeries sous le sol, disposées en quadrillage, sur 3 niveaux. On parle même d'une cathédrale industrielle, car les galeries forment une sorte d'église souterraine. Elle est composée de voûtes en plein cintre », insiste François.

Appel au gouvernement pour un projet très discuté

Il continue à se mobiliser contre ce projet de réaménagement, porté par la commune depuis un certain temps : « Cela fait 40 ans que la ville de Meudon veut combler cette carrière pour construire sur les terrains au-dessus et à côté. En 2017, elle s'est même appuyée sur une étude technique de l'Institut national de l'environnement industriel et des risques pour dire que la carrière représente un danger. Ils ont accompli cette simulation sur ordinateur sur une carrière à voûtes à toit plat, alors qu'il s'agit de voûtes en plein cintre. Sans compter que cette simulation par ordinateur a été contredite par d'autres, qui indiquent que la carrière est stable. »

François est en colère, d'autant que cet institut préconisait le « comblement ou le confortement des piliers ». « La mairie a choisi la première solution, sans même étudier l'autre option. Le comblement permet de lotir sur les terrains à côté des carrières, les 28.000 m2 de logements de luxe. Au détriment des ateliers d'artistes existants », complète-t-il.

L'habitant en colère appelle à un moratoire sur cet projet et à la réalisation de nouvelles études. Il appelle aussi le gouvernement à l'aide : « Nous avons déjà eu rendez-vous avec le préfet des Hauts-de-Seine et le directeur général des Patrimoines. Nous demandons maintenant à être reçus par Christophe Béchu, le ministre de la Transition écologique. »

Un projet sensé et maintenu, selon la mairie

Contactée par France 3 Paris-Île-de-France, la mairie de Meudon n'a pas répondu. En mai dernier, Denis Larghero, le maire de Meudon (UDI) avait pourtant défendu l’intérêt de cette opération. « L’enjeu, c’est de trouver les projets et les acteurs qui vont nous aider à rendre la carrière visitable, accessible pour le public. Nous préservons aussi une grande partie des champignonnières, et une partie des galeries », nous indiquait alors l'élu.

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