3 000 euros d'amende requis contre le maire de Colombes qui avait comparé des policiers à celle de Vichy

Patrick Chaimovitch, le maire EELV de Colombes, est jugé pour avoir avoir comparé le "zèle" des policiers et gendarmes français qui "traquent les migrants" à celui de "leurs ancêtres" ayant "mis en œuvre la rafle du Vel d'Hiv".

Patrick Chaimovitch, lors des Journées d’été des écologistes, le 20 août 2020 à Pantin (illustration).
Patrick Chaimovitch, lors des Journées d’été des écologistes, le 20 août 2020 à Pantin (illustration). © IP3 PRESS/MAXPPP

Patrick Chaimovitch, le maire écologiste de Colombes, dans les Hauts-de-Seine, est poursuivi pour "injure publique envers un corps constitué, un fonctionnaire, un dépositaire de l'autorité ou un citoyen chargé d'un service public par parole, écrit, image ou moyen de communication par voie électronique".

La polémique remonte au 19 juillet dernier. A l’occasion d’un discours prononcé pour le 78e anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv, l’élu avait déclaré : "Les gendarmes français qui ont obéi aux ordres de leurs supérieurs en mettant en œuvre la rafle du Vel d'Hiv, et d'autres rafles encore après et ailleurs, sont les ancêtres de ceux qui aujourd'hui, avec le même zèle, traquent les migrants, les sans-papiers, les déboutés des droits humains".

En réaction, Gérald Darmanin avait annoncé le dépôt d’une plainte. Le ministre de l'Intérieur avait ainsi dénoncé des propos "scandaleux et insultants pour la République, pas seulement les forces de l’ordre". Le Syndicat des Commissaires de la Police Nationale et le syndicat Synergie avaient également exprimé leur indignation.

"Comprendre que la phrase soit ambigüe"

"Quand on est dans un discours, il faut résumer. J'ai eu tendance à ramasser un certain nombre de propos", a-t-il indiqué mardi à la barre du tribunal de Nanterre, ajoutant "comprendre que la phrase soit ambigüe et ait pu être mal perçue". "Je n'ai jamais généralisé, c'est l'interprétation qui en a été faite après", a argumenté l'édile en expliquant avoir voulu viser "les comportements individuels de certains policiers".

Ce discours du 19 juillet était teinté par l'émotion, a par ailleurs expliqué Patrick Chaimovitch, racontant que ses "grands-parents maternels ont été déportés et exterminés à Auschwitz".

"On traite les policiers français, en comparant leur corps sous Pétain et leur corps actuel, de fils de collabos", a déclaré lors de son réquisitoire le procureur qui a demandé une amende de 3 000 euros.

Une "polémique agitée par l’extrême-droite sur les réseaux sociaux" selon Patrick Chaimovitch

Patrick Chaimovitch avait déjà exprimé ses regrets dans un communiqué, tout en rappelant son "soutien aux policiers et aux gendarmes qui exercent la lourde responsabilité républicaine de sécurité dans des conditions extrêmement difficiles". "Il n’y a pour moi aucune comparaison possible entre police et gendarmerie d’un Etat démocratique d’une part, et police et gendarmerie de l’Etat pétainiste, d’autre part", avait souligné l’édile.

"Le passé doit nous inciter à défendre l’Etat de droit et à être vigilant contre tous les bafouements des droits humains", avait ajouté le maire. Il évoquait alors une "polémique agitée par l’extrême-droite sur les réseaux sociaux", ainsi qu’une mauvaise compréhension de ses propos.

Le jugement sera rendu le 6 juillet prochain.

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