Pollution au plomb : une centaine d'enfants appelée se faire dépister à Gennevilliers dans les Hauts-de-Seine

La mairie de Gennevilliers dans les Hauts-de-Seine lance à partir de mardi une campagne de dépistage au plomb. Une centaine d’enfants du CP au CE1 qui fréquentait un centre de loisirs de la ville est susceptible d'avoir été intoxiquée.

"Du plomb ! Il y en a beaucoup, mais il n'est pas réparti de manière égale sur le terrain. Ça dépend de chaque prélèvement qui a été fait. On a retrouvé du plomb en dessous et au-dessus des normes", explique Patrice Leclerc, le maire de Gennevilliers.

En début d'année, la Ville a reçu un rapport volumineux de 170 pages. Une étude de pollution des sols effectuée sur une vaste parcelle située dans l'enceinte d'un centre de loisirs, la maison de l'enfance Youri Gagarine. C'est sur ce territoire que la municipalité projette l'an prochain, le début de la construction du quatrième collège de la ville.

Les conclusions du rapport d'études sont formelles. Pas de cuivre détecté, ni de présence de gaz, mais des hydrocarbures et du plomb en quantité suffisamment importante pour que la municipalité décide dans un premier temps, de fermer et de déplacer ce centre de loisirs créé il y a plus de 40 ans.

Au 27, rue de la Couture d’Auxerre, derrière les bâtiments qui donnent sur la rue et une entrée goudronnée, il y a le terrain de jeu du centre de loisirs Youri Gagarine. "4.000 mètres carrés de végétal". C'est ici que les enfants en âge d'être à l'école élémentaire entre 6 et 11 ans s'amusaient.

Le maire avance trois hypothèses sur l'origine de cette contamination de ces terrains. "Une pollution due à l'utilisation à l'essence avec plomb ( .. ) comme on en a trouvé dans la plaine agricole d'Argenteuil."

Seconde hypothèse : "l'entreprise qui était installée là, avant le centre de loisirs, n'a pas dépollué", ou une autre cause encore plus ancienne : "Gennevilliers était une plaine au début du 19e siècle de maraîchage sur laquelle on épandait les égouts de Paris", ajoute l'édile.

Un risque de saturnisme

Quoiqu'il soit, la municipalité a aussi décidé "par précaution" d'initier une campagne de dépistage d'une centaine d'enfants en accord avec l'ARS. Pour l'Agence régionale de santé, les concentrations de plomb retrouvées dans cette parcelle "justifient une vérification de la potentielle imprégnation des enfants, en dosant le plomb dans le sang (plombémie). Le Haut conseil de santé publique recommande de faire réaliser cette analyse (plombémie) chez les enfants de moins de 7 ans". Cette campagne de dépistage est destinée surtout aux plus jeunes enfants qui auraient pu ingérer de la terre en jouant.

"Le plomb, ça peut être dangereux pour les enfants à très faible dose, c’est-à-dire qu'un enfant qui a été exposé pendant un an à deux ans, ça va faire plus de dégâts qu'une grosse intoxication à un moment donnée", explique Morgan Pinoteau, membre de l'association des familles victimes du saturnisme.

Chez les jeunes enfants, le risque est notamment la diminution des performances cognitives, des troubles du comportement, explique l'association. "Le plomb reste un mois dans le sang, s'il est éliminé en partie, il va se mettre dans les tissus mous et il va se stocker dans les os", ajoute-t-elle.

À lire aussi : Du plomb dans certaines écoles parisiennes, selon une étude menée par la Ville

"Aucun cas depuis 5 ans"

A Gennevilliers, il faudra attendre les résultats d'analyses. Pour sensibiliser les parents concernés, la municipalité leur a envoyé un courrier en fin de semaine dernière. La campagne de dépistage se déroule les 30 avril, 2 et 3 mai. "La ville prend en charge tous les frais de dépistage", précise l'édile.

"S'il y a beaucoup d'enfants chez qui on a détecté du plomb, on saura que ça vient du centre".

Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers.

"S'il y en a que deux ou trois, l'ARS fera une recherche d'environnement autour de la famille", ajoute le maire. Une enquête qui permettra de recenser tous les endroits que l'enfant fréquente, et où il y aurait du plomb.

Le maire de Gennevilliers se veut rassurant. "L'ARS nous dit que depuis cinq ans, il n'y a eu aucun cas de saturnisme et sur dix ans, il y a eu cinq cas, mais pas issus de ce quartier."

Des mesures de dépollution du site de la rue Couture qui doit accueillir le futur collège, sont d’ores et déjà envisagées. En attendant, la municipalité entend vérifier tous ses espaces verts "où il n'est pas prévu de travaux".

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