SNU : des accusations de harcèlement sexuel et de racisme dans les Hauts-de-Seine, la justice saisie

Sarah El Haïry, la secrétaire d'Etat chargée de la jeunesse, a saisi mardi le procureur de la République suite à des accusations de harcèlement sexuel, de racisme et d'humiliations concernant un centre du Service national universel dans les Hauts-de-Seine.

L’affaire concerne deux séjours de cohésion du SNU organisés dans les Hauts-de-Seine, en juin et juillet 2022. D’après un document révélé par Politis, des faits de harcèlement sexuel, propos racistes, humiliations et gestes déplacés auraient été commis par un commandant, et un lieutenant-colonel qui aurait eu une attitude jugée "inappropriée", sur des tuteurs et des volontaires.

Selon ce rapport d'incidents, transmis d’après Politis au Service départemental à la jeunesse, à l'engagement et aux sports (SDJES), ce commandant aurait notamment dit "en s'adressant à des volontaires, mineures, qui se plaignent de ne pas avoir de toilettes dans leur chambre : 'les filles, j'ai des toilettes dans ma chambre, si vous voulez passer, vous êtes bientôt majeures'". A un autre moment, il est rapporté qu'"une tutrice s'est penchée afin de ramasser un stylo par terre, à ce moment-là, ce commandant lui a mis un coup de ventre au niveau du postérieur en disant 'fais gaffe à pas te baisser comme ça tu pourrais te prendre des coups'".

Toujours selon le rapport, le commandant appelait par ailleurs "les encadrantes de couleur noire 'la cousine' et disait qu'elles étaient toutes cousines entres elles puisqu'elles sont noires" et "s'agissant des autres encadrantes (de peau blanche) il s'adressait à elles en disant 'la princesse'".

Un jeune "allongé au sol totalement inconscient" lors d'une "punition collective sportive" en pleine nuit

Quant au lieutenant-colonel, le rapport relate notamment une "punition collective sportive sur la piste d'athlétisme" en pleine nuit, au cours de laquelle un jeune se serait retrouvé "allongé au sol totalement inconscient". 

Contacté par l'AFP, le cabinet de Sarah El Haïry a expliqué qu'elle avait "saisi l'inspection générale de l'Education" afin que cette dernière "engage une enquête afin de faire la lumière sur le fonctionnement" de ce centre SNU à l'été 2022. "A l'issue de cette mission, les mesures et sanctions nécessaires seront prises", a assuré le cabinet, ajoutant qu'"au titre de l'article 40 du code de procédure pénale, la secrétaire d'Etat a saisi le procureur de la République".

D’après une source proche du dossier, ces officiers ne sont plus en service actif au sein de l'armée de terre. Suite aux révélations, le syndicat L'Union étudiante a dénoncé mardi sur Twitter des "comportements graves" et "choquants". 

Avec AFP.

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