Hauts-de-Seine - Un diplomate burundais condamné à deux ans de prison avec sursis pour travail forcé

Le calvaire de Méthode Sindayigaya a été reconnu par la justice lundi 21 octobre. / © Isabelle Audin - France 3 Paris - IDF
Le calvaire de Méthode Sindayigaya a été reconnu par la justice lundi 21 octobre. / © Isabelle Audin - France 3 Paris - IDF

L'ancien ministre du Burundi et diplomate à l'Unesco, Gabriel Mpozagara, et sa femme, ont écopé ce lundi de deux ans de prison avec sursis pour travail forcé. Methode Sindayigaya les accuse de l'avoir "réduit en esclavage" pendant dix ans dans leur résidence.

Par France 3 Paris - IDF avec AFP

Un ancien ministre du Burundi et son épouse ont été condamnés ce lundi à deux ans de prison avec sursis et 70.000 euros de dommages et intérêts pour avoir exploité pendant dix ans un compatriote à leur domicile de Ville-d'Avray, dans les Hauts-de-Seine.
           
Le tribunal correctionnel de Nanterre a condamné Gabriel Mpozagara, ancien ministre de la justice puis de l'économie au Burundi, ainsi que son épouse Candide Mpozagara notamment pour "soumission à un travail forcé" et à des "conditions de travail et d'hébergement contraires à la dignité".
           
Le couple de septuagénaires, qui avaient clamé leur innocence à l'audience, vont "en toute hypothèse" faire appel, a indiqué leur avocate Dominique Naveau-Duchesne. "On fera ce qu'il faut pour que la vérité éclate", a-t-elle déclaré.

"Réduit en esclavage" pendant dix ans     

Methode Sindayigaya, un ancien cultivateur burundais de 39 ans, avait raconté à l'audience comment il avait été "réduit en esclavage" pendant dix ans dans la maison du couple.
           
Pendant 19 heures par jour, il faisait la lessive, le repassage, la cuisine, le ménage, le jardinage, et prenait soin d'un des fils du couple, qui souffre de handicap, avait-il narré.
 
Couchant près d'une chaudière au sous-sol, il se lavait "au robinet avec un seau", avait-il décrit, ajoutant qu'il vivait loin de sa famille et que ses employeurs lui avaient pris son passeport. "Je suis très content, a-t-il déclaré lundi après le délibéré. La justice m'a entendu."

"Il n'y a pas d'impunité"     

"Le tribunal a pris la mesure du dossier et de la gravité des faits, a estimé son avocat Alexandre Reynaud. Le message est clair : quel que soit votre statut, votre position, il n'y a pas d'impunité."
           
Le tribunal correctionnel est cependant resté en deçà des réquisitions du ministère public, qui avait demandé trois ans dont un ferme, estimant que M. Syndayigaya était "le serf de la maison et l'esclave à tout faire".
 
Ce couple avait déjà comparu en 2007 dans ce même tribunal : il avait été condamné mais relaxé ensuite en appel dans un dossier similaire qui concernait deux jeunes nièces venues du Burundi.
           
Ces dernières ont plaidé leur cause auprès de la Cour européenne des droits de l'homme qui a condamné la France en octobre 2012 pour avoir failli dans sa lutte contre le travail forcé.

En 2013, le parlement français a introduit dans le code pénal le travail forcé, la réduction en servitude et la réduction en esclavage.

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