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Les locataires de Paris Habitat fichés

La CNIL, la Commission nationale informatique et Liberté épingle l'office HLM pour atteinte à la vie privée.
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Scandale des fichiers à Paris habitat

La CNIL, la Commission nationale informatique et Liberté épingle l'office HLM pour atteinte à la vie privée.

La CNIL (Commission nationale informatique et Libertés) a adressé une mise en demeure à Paris Habitat, l’office public HLM de la ville pour «atteinte à la vie privée de ses locataires». Dans sa ligne de mire, le fichier IKOS, un fichier de gestion locative dans lequel des informations personnelles concernant les locataires ont été enregistrées.

> Voir ci-contre le reportage de Séverine Larrouy et Noé Salem.

Ce sont des données sur les locataires, enregistrées dans le fichier pour la gestion locative, IKOS, qui ont attiré les foudres de la CNIL. Dans la zone commentaires, sur tel ou tel personne, on trouve des mentions touchant la vie privée comme :

pas de nationalité française, ancien SDF addiction boisson, ou encore personne très difficile à vivre de tempérament agressif et violent très procédurier, violence conjugale.

Les fichiers font également mention de données de santé : séropositif , cancer, personne cardiaque, sous chimiothérapie, alzeimer aveugle,  maladie de parkinson, dépression hôpital psychiatrique cancer des intestins, opération du cerveau.

La CNIL a été alertée par des plaintes d’associations de locataires, s’étonnant de l’accès, par certains gardiens de l’OPH Paris Habitat, de données relatives à leur vie privée.

La CNIL demande à Paris Habitat de se mettre en conformité avec la loi.   Elle reproche au bailleur social qui gère plus de 120 000 logements, une série de manquements suffisamment graves pour que cette mise en demeure, première étape de la procédure de sanction, soit rendue publique. Ces informations extrêmement privées ne peuvent en aucun cas être collectées sur de tels fichiers. La Commission nationale de l'informatique et des libertésdemande donc à l'office public HLM de respecter la vie privée de ses locataires.

Suite à cette mise en demeure, l’office public a deux mois pour se mettre en conformité avec la loi. Faute de quoi, elle encourt de lourdes amendes pécuniaires.

Dans un communiqué de presse daté du jeudi 2 frévier, Paris Habitat reconnaît avoir mis à jour des « enregistrements non pertinents » et assure "vouloir se mettre en conformité pour répondre aux demandes de la Cnil".

Pour plus d'informations de la CNIL, cliquer sur ce lien.

La publicité donnée à la mise en demeure permet également à la Cnil d'informer l'ensemble des locataires des droits dont ils disposent et de rappeler aux offices HLM leurs obligations concernant le respect de la vie privée des locataires.

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë (PS) a demandé à tous les bailleurs sociaux sous sa tutelle de vérifier leurs fichiers informatiques.

 "Les manquements relevés à la loi informatique et libertés, bien qu'il s'agisse d'erreurs isolées, sont inacceptables", écrit M. Delanoë dans un communiqué, tout en "prenant acte des mesures prises par Paris-Habitat pour y mettre un terme immédiatement et contrôler dans la durée que cela ne se reproduise pas".
 

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