Le point sur l’épidémie et le variant Delta en Île-de-France

Le taux d'incidence a dépassé le premier seuil d'alerte de 50 dans tous les départements franciliens, mais les indicateurs en ce qui concerne les hospitalisations classiques et les services de réanimation sont pour l'instant au vert.
Le Dr Djillali Annane, chef du service de réanimation à l’hôpital Raymond Poincaré de Garches, dans les Hauts-de-Seine lors du 12/13 de France 3 PIDF.
Le Dr Djillali Annane, chef du service de réanimation à l’hôpital Raymond Poincaré de Garches, dans les Hauts-de-Seine lors du 12/13 de France 3 PIDF. © France 3 PIDF

Le Premier ministre Jean Castex était mercredi l’invité du 13h de nos confrères de TF1. Il s’exprimait à l’issu d’un Conseil de défense sanitaire consacré à la reprise de l’épidémie due au variant Delta et le jour d’entrée en vigueur du pass sanitaire dans les lieux de culture accueillant plus de 50 personnes.

"On est dans la quatrième vague", a reconnu hier le chef du gouvernement. Face à la hausse des contaminations, de nombreuses restrictions ont d’ores et déjà été mises en place dans les régions où le variant Delta – plus contagieux que les autres souches – circule le plus, telles les Pyrénées-Orientales, l’Hérault ou encore la Haute-Corse. Ces restrictions se limitent, pour l’instant, au retour du port du masque à l’extérieur. L’Île-de-France n’est de son côté pas encore concernée par d’éventuelles mesures de restrictions même si le variant Delta est bien présent.

Contaminations

Selon l’outil Géodes de Santé Publique France – d’après des données datant du 18 juillet dernier – le variant Delta est présent dans 83,5% des tests positifs criblés réalisés dans la région. A titre de comparaison, il était de 13,7% le 18 juin 2021. Il a donc été multiplié par 6 en un mois. Aucun département francilien n’affiche un chiffre en-dessous de 70%. Le plus touché par le variant Delta est la Seine-et-Marne – avec 86,6%. Il est suivi par Paris (85,6%) et les Hauts-de-Seine (85,2%).

Concernant le taux d’incidence en Île-de-France, les indicateurs sont au rouge. Tous les départements franciliens sont passés au-dessus du premier seuil d’alerte de 50 cas positifs pour 100 000 habitants. Paris est le plus touché avec un taux de 144, suivi par les Hauts-de-Seine (106,7) et la Seine-Saint-Denis (97,8). La moyenne régionale est de 97. Cette hausse du taux d'incidence a été pointée du doigt sur Twitter par l'Agence régionale de santé (ARS) d'Île-de-France qui a a appelé à la vigilance et au "maintien des gestes barrières" et la "vaccination" qui "sont nos meilleures armes" contre le virus.

La hausse du taux d’incidence est toutefois ralentie par l’immunité naturelle. 40% des franciliens ont déjà été infectés par le virus, ce qui réduit le champ de propagation du virus. 

Hospitalisations

Et même si les contaminations et le taux d’incidence repartent à la hausse, les entrées à l’hôpital dans les services classiques ou de réanimation ne suivent pas. La situation est stable. Les indicateurs sont (pour l’instant) au vert de ce côté-ci. Les professionnels de santé s’attendent toutefois à une vague d’arrivées de patients d’ici quelques semaines. Le boom épidémique n’arrivant que deux ou trois semaines après le pic des contaminations. Au 21 juillet, un peu moins d’un quart des lits de réanimation franciliens sont occupés.

Le variant Delta est "la locomotive de la quatrième vague", estime Djillali Annane, chef du service de réanimation à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine), interrogé par France 3 Paris Île-de-France. Évoquant une potentielle hausse de la tension hospitalière – et en particulier dans les services de réanimation – "on l’attend, on la craint, d’ici trois semaine environ (…) il y a une forte probabilité qu’il y ait une augmentation importante des admissions pour forme sévère du virus, et en particulier au variant Delta, à la deuxième ou troisième semaine d’août", ajoute-t-il.  

Vaccination

Toujours selon Santé publique France, avec des données datant du 21 juillet, 6,9 millions de Franciliens ont déjà reçu au moins une dose de vaccin. Par ailleurs, près de 590 000 rendez-vous sont prévus cette semaine, dont plus de 366 000 pour la deuxième dose, synonyme d’obtention du pass sanitaire.

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