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Le tribunal administratif dira si Villejuif peut débaptiser le "parvis Georges Marchais"

Le litige, qui oppose le maire de Villejuif, Franck Le Bohellec, à la famille de l'ancien dirigeant du Parti communiste, Georges Marchais, est examiné mercredi 16 décembre par le tribunal administratif de Melun (Seine-et-Marne).
© Keystone Pictures USA MaxPPP/Newscom/MaxPPP
C'est avec l'élection, après 89 ans de gestion municipale communiste à Villejuif, d'un nouveau maire, Franck Le Bohellec, les Républicains, en mars 2014, que va naître le conflit.

En décembre 2014, le nouveau maire fait voter une délibération remplaçant le parvis Georges-Marchais par le parvis Georges-Mathé, célèbre cancérologue gaulliste. La place longe l'hôpital Paul-Brousse de Villejuif, où Georges Mathé, décédé en 2010 à l'âge de 88 ans, a accompli presque toute sa carrière. Elle avait été baptisée du nom de Georges Marchais par l'ancien maire PCF, Claudine Cordillot, en mai 2013.

Aussitôt, la famille de l'ancien secrétaire général du Parti communiste (1972-1994) s'indigne et dénonce une décision "provocatrice et insultante". De son côté, le PCF fustige un "anticommunisme primaire digne des pires heures de la guerre froide".

Un large soutien

Rapidement, les soutiens affluent de tous les horizons. Catherine Gaston-Mathé, l'épouse du médecin, "souhaite qu'une solution soit trouvée pour honorer les deux Georges et rassembler ainsi toutes les sensibilités françaises". Le journaliste Jean-Pierre Elkabbach, le "taisez-vous, Elkabbach" devenu culte, exhorte M. Le Bohellec à respecter un "nom qui appartient à l'histoire du pays".
En juin 2015, six députés de gauche et de droite, dont le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone (PS), Bernard Debré (Les Républicains) et André Santini (UDI), adressent une lettre ouverte au maire de Villejuif pour qu'il revienne sur cette décision "inconvenante".
Sollicité par la famille, le préfet du Val-de-Marne invite le maire de Villejuif à "trouver un compromis acceptable avec les deux familles" et la municipalité à "reconsidérer sa position".

Après plusieurs courriers à la mairie restés sans réponse, les proches du célèbre chef de file communiste saisissent le tribunal administratif de Melun.

Ce mercredi 16 décembre 2015, le tribunal administratif de Melun va donc statuer sur cette affaire que la mairie de Villejuif n'a jamais voulu commenter sur le fond, s'en tenant aux arguments juridiques. La décision devrait être mise en délibéré jusqu'au début janvier 2016.
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