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Mort de Clément Méric : Serge Ayoub, figure du mouvement skinhead, joue la provocation devant les assises

Serge Ayoub, à la sortie de la cour d'assises de Paris, où il était entendu comme témoin. / © France 3 Paris IDF
Serge Ayoub, à la sortie de la cour d'assises de Paris, où il était entendu comme témoin. / © France 3 Paris IDF

Pour le sixième jour du procès des agresseurs de Clément Méric, Esteban Morillo, l'un des principaux accusés, était à la barre. Serge Ayoub, figure du milieu skinhead parisien, a également été entendu, comme témoin.

Par France 3 Paris IDF/Aude Blacher

Des larmes et des provocations aux assises de Paris, pour la deuxième semaine du procès des agresseurs de Clément Méric. Ce jeune militant antifasciste de 18 ans tué en 2013, lors d'une bagarre dans le quartier Saint-Lazare, à Paris. Ce mardi a été marqué par la présence de Serge Ayoub, l'ex-leader skinhead, qui était entendu comme témoin.
L’entrée de Serge Ayoub fut discrète, par une petite porte du palais de justice de Paris. Mais sa sortie fut fracassante. Attendu par une trentaine de personnes, l’exleader skinhead a dû être ex-filtré du tribunal. Il n’aura pas eu le temps de s’exprimer en public, comme il l’escomptait certainement.
Son discours idéologique, c’est devant la cour d'assises qu’il va le donner. Les bras croisés, avec un air de défiance, jouant la provocation avec la présidente Xavière Siméoni. Appelé comme témoin, Serge Ayoub dit ne pas bien connaître les trois accusés, mais ils les appellent par leur prénom.


Serge Ayoub, un "clown dangereux"

L'homme de 54 ans, aujourd'hui "chômeur", était à l'époque des faits le patron du bar "Le Local", QG des skinheads parisiens. Il était par ailleurs le leader des groupuscules fascistes "Troisième voie" et JNR, aujourd'hui dissoutes. Deux organisations dont les accusés étaient proches.

Le 5 juin 2013, Serge Ayoub a été en contact avec les accusés, avant et après la rixe, par téléphone, puis dans son bar. Ils échangeront encore, durant la nuit, plus de 70 coups de téléphone. Un rôle de mentor, qui ne peut pas être minimisé pour la mère de Clément Méric.

"C’est un clown, mais il est dangereux. C’est là où on voit la haine s’exprimer", a indiqué Agnès Méric, à la sortie de l'audience. 

Je regrette, y a pas un jour où je ne regrette pas. J’aurais voulu que ça soit moi plutôt que lui.

Du côté des accusés, Esteban Morillo a évité le regard de Serge Ayoub durant son intervention. Depuis une semaine de procès, le jeune homme cherche à se défaire de l’image de skinhead violent, qui lui colle à la peau. La gorge nouée, il a reconnu avoir porté deux coups à Clément Méric, "pour le repousser". Avant de fondre en larme et de déclarer : "Je regrette, y a pas un jour où je ne regrette pas. J’aurais voulu que ça soit moi plutôt que lui."

"Je pense que M. Morillo est sincère, quand il exprime des regrets. Mais il exprime des regrets par rapport à sa situation, pas par rapport à Clément Méric. Il a fallu attendre très longtemps pour que, simplement, le nom de Clément Méric apparaisse", a déclaré Michel Tubiana, avocat des parties civiles.

Esteban Morillo encourt jusqu’à 20 ans de prison, tout comme Samuel Dufour. Le verdict est attendu vendredi.
 

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