Paris : voyage au coeur de la coupole des Invalides

Le tombeau de Napoléon sous la coupole de l'Hôtel des Invalides, à Paris. / © MAXPPP
Le tombeau de Napoléon sous la coupole de l'Hôtel des Invalides, à Paris. / © MAXPPP

En entrant dans la partie royale de l’église Saint-Louis des Invalides, le visiteur est happé par la hauteur de la coupole aspirant son regard vers le haut. Située à une hauteur de 90 mètres, la coupole de l’église se compose en fait de deux coupoles superposées. 

Par France Montagne

Celle du bas,largement ouverte en son centre, laisse apparaître la coupole sommitale (sous charpente) où se trouve la vaste composition de Charles de La Fosse.
Des fenêtres, masquées par la coupole inférieure, permettent un éclairage naturel de cette fresque et donnent l’illusion que le dôme s’ouvre directement sur le ciel.
Ce chef-d’œuvre architectural est caractéristique du goût de Jules Hardouin-Mansart pour les effets baroques.
L’œuvre de Charles de La Fosse représente Saint Louis dans la gloire, présentant ses armes au Christ en présence de la Vierge et des anges.
Au centre de cette voûte céleste, Dieu et la Vierge sont entourés d’anges musiciens.

Saint Louis porte les symboles de la royauté :couronne, blason fleur de lyse et manteau royal.
À la droite du Fils, sont déposées les reliques de la Passion : la colonne du Christ aux outrages, la croix, les clous,
l’éponge imbibée de vinaigre, la lance et la couronne d’épines.

L’objet nous raconte...

Charles de La Fosse (1636-1716) est l’élève puis le protégé de Le Brun, premier peintre du roi, tout puissant à l’Acadé-mie et sur les chantiers de Versailles
jusqu’à la mort de Colbert. Il revient de Londres, après avoir travaillé à la décoration du palais de Lord Montaigu (1700-1701), lorsque Jules Hardouin Mansart
le charge des peintures du Dôme des Invalides. Il y exécute la coupole et les pendentifs des quatre évangélistes.
Il travaille également au château de Versailles, à la décoration des salons de Diane et d’Apollon.
Admirateur de Rubens, l’artiste emploie des coloris vifs, des formes souples et élégantes.
Il infléchit la «grande manière» noble et héroïque de Le Brun vers un style plus léger et gracieux.
Avec cette œuvre, de La Fosse rappelle l’origine divine de la royauté qui est, avec l’hérédité, l’une des deux sources
de la légitimité monarchique.
Chrétien accompli, le roi saint Louis (1214-1270) symbolise l’alliance parfaite du Trône et de l’Autel.
Pour Louis XIV, Louis IX incarne également le roi de justice et le roi croisé. L’épée qu’il remet victorieusement au Christ est celle avec laquelle il a combattu les Infidèles.
La réalité est cependant plus nuancée : les septième et huitième croisades sont des échecs et depuis le règne de François Ier, l’Empire ottoman est un allié traditionnel de la France.
La présence de Saint Louis est aussi une façon de rappeler la sévérité avec laquelle il convient de traiter les hérétiques.
Louis XIV révoque en 1685 l’édit de Nantes qui tolérait la religion réformée en France depuis Henri IV.
Patron des militaires en France, Saint Louis est aussi celui de l’église des Invalides qui porte son nom.

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus