Un an après l'incendie de Notre-Dame, l'enquête au point mort

L'enquête qui vise à déterminer les causes de l'incendie de Notre-Dame de Paris n'a, pour l'instant, pas réussi à déterminer l'origine de l'incendie. Un an après où en sont ces investigations? Que sait-on vraiment des origines de l'incendie? Plusieurs hypothèses sont privilégiées.
La cathédrale Notre-Dame de Paris prise en photo le 14 avril 2020, près d'un an après pratiquement jour pour jour après l'incendie.
La cathédrale Notre-Dame de Paris prise en photo le 14 avril 2020, près d'un an après pratiquement jour pour jour après l'incendie. © THOMAS COEX / AFP
Saura-t-on un jour pourquoi Notre-Dame de Paris a été ravagé le 15 avril dernier par un incendie ? Depuis cette date et le lancement d'une enquête, impossible de savoir ce qu'il s'est réellement passé. "A ce stade, la cause précise de l’incendie reste toujours indéterminée", indique une source judiciaire contactée par France 3 Paris Ile-de-France.

La piste criminelle avait été écartée, avait tout juste admis, très prudemment, le procureur de Paris Rémy Heitz. Il avait indiqué privilégier la piste accidentelle, évoquant une cigarette mal éteinte ou un dysfonctionnement électrique lors d'un entretien à Europe 1 en février dernier.  

Démonter l'échafaudage pour enquêter

Selon cette source judiciaire, l'enquête, pour être poursuivie, est soumise à la poursuite du chantier de sécurisation de l'édifice. Les investigations sont "en partie conditionnées à la sécurisation du site et notamment au démontage de l'échafaudage".

Citant un rapport du Laboratoire Central de la Préfecture de Police (LCPP), cette source affirme que "ce démontage permettra notamment d'accéder à la zone ayant été identifiée comme celle du départ de feu. Le démontage complexe du dit échafaudage devait débuter le 23 mars 2020. Compte tenu de la crise sanitaire, ces travaux ont été suspendus à compter du 16 mars."

Or le démontage de l'ancien échafaudage, qui a soudé ses 10 000 tubes ensemble lors de l'incendie et met en péril la structure même de la cathédrale, a été encore repoussé en raison de la mise en place du confinement. Les enquêteurs ne pouvant accéder à la zone sont condamnés à attendre mais plus le temps passe, plus les chances de trouver des indices s'amenuisent.  

Failles dans la sécurité

Les investigations ont malgré tout permis de trouver plusieurs failles. D'abord, l'alerte aux pompiers a été beaucoup retardé en raison d'une erreur de signal ou d'une mauvaise interprétation de celui-ci : selon une source proche de l'enquête, le message d'alarme-feu apparu sur l'écran de contrôle du PC sécurité de la cathédrale affichait "comble nef-sacristie".

L'agent de service - un intérimaire d'une société de sécurité qui effectuait son quatrième jour de travail à Notre-Dame - a alors envoyé un agent sous la sacristie, qui n'y a rien vu. Ensuite, pendant 18 minutes, l'agent intérimaire et son responsable ont discuté par téléphone avant qu'ils ne comprennent qu'il fallait en fait se rendre sous la charpente de la nef, dans la partie située du côté de la sacristie. Là, les flammes avaient déjà commencé à ravager la toiture.

Des manquements qui pourraient finir devant un tribunal civil et se terminer entre bataille d'assurances.      
 
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