Augmentation des consultations médicales : "1 euro 50 de plus, nous avions déjà dit non", s'indigne le collectif Médecins pour demain

À l'automne prochain, la consultation chez un médecin généraliste va passer à 26 euros 50 et 31 euros 50 pour un spécialiste. Une augmentation d'1 euro 50 dénoncée par la porte-parole du collectif Médecins pour demain en Île-de-France.

"1 euro 50, ce n'est même pas rattraper l'inflation depuis 2017. Une consultation à 30 euros, nous aurions pu la rattraper. Alors évidemment, une consultation à 26 euros 50 c'est insuffisant", affirme le docteur Noëlle Cariclet, porte-parole du collectif "Médecins pour demain", en Île-de-France.

Deux mois après l'échec des négociations entre médecins et Assurance maladie, la commission arbitrale a choisi de trancher en faveur de la Sécurité sociale, qui avait proposé en début d'année une augmentation de 1 euro 50, pour un coût de 600 millions d'euros, contre l'avis de plusieurs syndicats médicaux, et le collectif Médecins pour demain. Ces derniers avaient appelé à la fermeture des cabinets médicaux les 1er et 2 décembre 2022. L'UFML (Union Française pour une Médecine Libre), la FMF (Fédération des médecins de France), Jeunes Médecins et les internes de l’ISNI, réunis en intersyndicale, avaient également suivi ce mouvement de grève.

"Une consultation à 26 euros 50, insuffisante pour désengorger les urgences"

La consultation passera donc cet automne à 26,50 euros minimum chez les généralistes et 31,50 euros chez les spécialistes. Un tarif jugé insuffisant pour embaucher du personnel médical, désengorger les urgences, ou donner envie aux jeunes médecins de s'installer comme l'affirme le collectif. Il demandait une augmentation de 25 euros.

"Le président Macron a parlé de désengorger les urgences, mais on ne pourra pas les désengorger tant que l'on n’aura pas investi dans la médecine de ville, pour permettre aux patients d'être vus en amont, et éviter qu'ils aillent aux urgences", s'exclame le docteur Cariclet.

"Impossible d'embaucher du personnel médical pour traiter les tâches administratives", fustige également le docteur Cariclet. 

"Le risque de désertification médicale accru"

"Cette revalorisation d'1 euro 50 ne peut absolument pas inciter les futurs médecins à s'installer. Nous avons pourtant besoin de jeunes qui viennent s'installer, qui montent leur cabinet et repeuplent le territoire, alors que l'on en a besoin pour lutter contre les déserts médicaux", dénonce-t-elle. "Je pense que la problématique des jeunes médecins n'est absolument pas prise en compte", poursuit-elle, soulignant le manque de perspectives et visibilité financières pour la profession.

Même son de cloche pour Jean-Luc Duquesnel, président des généralistes de la CSMF qui a rappelé sur Franceinfo que le prix de cette consultation "est de 25 euros depuis 2017". Il estime tout comme le collectif Médecins de demain, que faire passer le tarif à 26,50 euros ne prend pas en compte l'inflation, et ce d'autant que "les mesures annoncées aujourd'hui ne s'appliqueront qu'à la fin de l'année".

Le président des généralistes de la CSMF craint donc que cette mesure acte "une dévalorisation pour les médecins généralistes, une profession qui n'attire plus les jeunes". "Alors qu'on manque de médecins traitants, on ne va pas donner envie [aux jeunes de faire ce métier] et les choses vont continuer à se dégrader", redoute-t-il. 

De son côté, Arnaud Chiche, fondateur du Collectif Santé en Danger dénonce une "humiliation de trop". Selon lui, la fuite des médecins à l'étranger, en secteur 3 ou en salariat va s'accélérer. "Le gouvernement en faisant la sourde oreille aux revendications des professionnels libéraux aggrave la carence à l’accès aux soins. Alors que la France manque de médecins, que les facultés sont bloquées en nombre d’étudiants reçus, le gouvernement avait là une belle occasion pour relancer un peu leur attractivité", regrette-t-il.

Selon l'AFP, des revalorisations, qui doivent encore être approuvées par le ministre de la Santé François Braun, entreront ensuite en vigueur "à l'expiration d'un délai de six mois", soit au plus tôt fin octobre.

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