Sans date de réouverture, le secteur des salons professionnels dans le flou

Les annonces gouvernementales sur le déconfinement en trois phases incluent de nombreux secteurs de l'économie, mais pas celui des salons professionnels qui ne savent pas quand ils pourront réorganiser des évènements. Pourtant, le secteur pèse environ 40 milliards d'euros en France.
Le Salon de l'agriculture 2021 est annulé en raison de l'épidémie de la Covid-19. (Illustration)
Le Salon de l'agriculture 2021 est annulé en raison de l'épidémie de la Covid-19. (Illustration) © Le Pictorium/Maxppp
Ils estiment être les grands oubliés du plan de déconfinement. Les organisateurs d'événements professionnels ne savent pas quand ils pourront rouvrir, même après le 20 janvier, date lointaine communiquée aux restaurateurs, mais qui leur donne un horizon.

Pourtant, c'est un secteur qui pèse lourd, surtout en Île-de-France où de nombreux évènements sont organisés, comme le fameux Salon de l'agriculture, dernier grand salon professionnel tenu avant le premier confinement.

Trois questions à Pablo Nakhlé Cerruti, directeur général de Viparis (société qui exploite neufs sites en Île-de-France dont Paris Expo Porte de Versailles ou le Palais des Congrès).
 

Avez-vous une idée de date de réouverture des salons professionnels ?

Ni le président de la République, ni le Premier ministre n'ont fait mention non seulement de conditions de reprises mais aussi de dates de reprises. Le 28 novembre, le 15 décembre où le 20 janvier ne constituent pas d'horizon pour l'ensemble des événements professionnels qui se déroulent en France chaque année.

Depuis le deuxième confinement, nous n'avons pas eu de discussions particulières avec le gouvernement. On sent que les pouvoirs publics sont concentrés sur autre chose que nos sujets et on se retrouve sans perspective.
 

Quels sont les protocoles qui pourraient permettre une reprise de l'activité ?

Gérer des rassemblements, c'est notre métier en temps de Covid comme en temps normal. Les protocoles vont du port du masque dans les lieux jusqu'à une jauge de densité de 4 ou 8 m² selon le curseur que souhaite mettre le gouvernement. Il peut y avoir une mise en place de flux différenciés entre les gens qui entrent et qui sortent de façon à ce qu'il n'y ait pas de brassages ainsi que la mise en place de salles Covid dédiées en cas de suspicion.

Ce que l'on souhaiterait nous, c'est renverser le principe et que le gouvernement nous dise : "Voici les conditions auxquelles vous pouvez rouvrir vos lieux et tenir vos manifestations". On saura les remplir à nouveau, c'est notre métier en toute circonstance.
 

Vous sentez-vous aidés économiquement ?

En Île-de-France, près de 700 salons, congrès et événements d'entreprise ont été annulés, reportés ou digitalisés entre mars et décembre 2020. Sur un an, le chiffre d'affaires de Viparis a baissé de plus de 90%. Toutes les mesures qui permettent d'amoindrir le choc sont les bienvenues. Mais compte-tenu de la spécificité de ce que vit le secteur événementiel, elles ne sont sans doute pas encore à l'échelle. Nous bénéficions seulement des mesures de soutien au chômage partiel. Il n'y a pas d'aides spécifiques. D'autre part, la demande qui est faite, bien sûr que ce sont des demandes de soutien mais c'est surtout la possibilité de pouvoir exercer de nouveau notre activité.

On appelle le gouvernement à pouvoir mettre en place un travail de coordination comme ce qui a été fait notamment avec les stations de ski pour qu'au moins, on puisse discuter ensemble d'une date et des conditions de reprise.
 
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