Des associations demandent la création d'une journée nationale d'hommage aux victimes de la Covid-19

Plus d'un an après le début de l'épidémie, des associations de proches de victimes de la Covid-19 demandent la création d'une journée nationale en leur mémoire et dénoncent le manque d'écoute du gouvernement.

En un an, l'épidémie de la Covid-19 a fait plus de 90 000 morts.
En un an, l'épidémie de la Covid-19 a fait plus de 90 000 morts. © JEFF PACHOUD / AFP

Depuis l'apparition de la Covid-19, l'épidémie a fait plus de 90 000 morts en France dont 16 600 en Île-de-France et les proches de victimes sont innombrables. Olivia Mokiejewski fait partie de ceux-là, elle a perdu sa grand-mère, décédée le 4 mars 2020 des suites du coronavirus alors qu'elle résidait dans un Ehpad de Clamart.

Depuis, elle a monté une association, le Collectif9471 (en rapport avec le nombre de morts de la maladie recensés dans les Ehpad le jour de sa création) qui aide les proches de victimes à porter leurs dossiers en justice. Elle demande aussi la création d'une journée nationale en hommage aux victimes.

"On a un besoin de reconnaissance pour ces victimes. En parlant simplement de malades, c'est un compteur qui tourne et qui nous plonge dans une indifférence, dans une habitude. Tous les jours, on ajoute des morts et cela ne devient que des chiffres", explique-t-elle.

"L'épidémie a démasqué ces manquements"

Cette journaliste et auteure de documentaires consacre désormais beaucoup de son temps à ce combat. Elle a d'abord porté plainte contre l'Ehpad situé à Clamart (Hauts-de-Seine) où résidait sa grand-mère pour homicide involontaire, mise en danger de la vie d'autrui et non-assistance à personne en danger.

Elle reproche à l'établissement "de n’avoir procédé à un examen médical de sa grand-mère que près d’une semaine après l’apparition des premiers symptômes, malgré ses demandes répétées pour qu’un examen soit réalisé au plus tôt. Elle estime que cet examen médical tardif était de surcroît superficiel", selon un communiqué de ses avocats.

Elle a par ailleurs co-signé une tribune avec Michel Parigot, Président de Coronavictimes. Pour eux : "Aux morts inutiles s’ajoute l’inhumanité dans la gestion de la crise sanitaire".

"Je ne sais pas si un autre gouvernement aurait fait mieux. On s'adresse au chef de l'État, quel que soit son étiquette politique. La Covid, c'est l'arbre qui cache la forêt dans les hôpitaux, dans les Ehpad avec des problèmes structurels dans ces établissements. L'épidémie a démasqué ces manquements", explique-t-elle.

Une journée nationale au Canada

Selon Olivia Mokiejewski, cet hommage serait un premier pas vers les proches de victimes. "Le regard de la société sur les personnes âgées, sur les personnes en situation de handicap, a fait que l'on était résigné, que l'on a accepté que les personnes fragiles partent. C'est une façon de faire bouger les choses à l'avenir, de faire prendre conscience. Nous voulons un hommage au même titre que les victimes d'attentats."

Une autre association, Victimes du Covid-19, souhaite elle aussi l'instauration d'une telle journée. Après avoir écrit plusieurs fois au Président de la République, ses services lui ont répondu que "des réflexions sont en cours concernant l’instauration d’une journée dédiée à la mémoire de celles et ceux qui ont été emportés par ce fléau" sans apporter plus de précisions rapporte le média "Happy End".

À l'étranger, le Canada a mis en place une Journée de commémoration nationale en mémoire des victimes de la Covid-19. Elle a été célébrée pour la première fois le 11 mars dernier.

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