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Avec le festival de danse hip hop 100% présenté à la Villette, les filles prennent le plateau

© Jean-Laurent Serra / France 3 Paris Ile-de-France
© Jean-Laurent Serra / France 3 Paris Ile-de-France

Les femmes sont en haut de l'affiche du festival 100% consacré à la danse Hip hop. Une démonstration de grâce et de puissance présentée à la grande halle de la Villette.  
 

Par Jean-Laurent Serra

Elles sont virtuoses, les garçons n'ont qu'à bien se tenir 

Et si la danse hip hop, très physique et pratiquée en majorité par des hommes était aujourd'hui, une affaire de femmes ! Sans tomber dans les poncifs et autres clichés sur la parité, le festival 100% explore la féminité dans la danse. Pendant quatre jours, la grande halle de la Villette présente des projets croisés et des regards portés par la virtuosité de ces acteurs.

« Ce que ces femmes peuvent apporter, c'est d'enlever tous ces préjugés, dans le hip hop, mais pas que, qui consiste à penser que la virtuosité serait une exclusivité masculine » déclare Chloé Le Notre, la programmatrice du festival 100% hip hop. « Mais là, quand on voit la qualité technique obtenue au plateau, les garçons n'ont qu'à bien se tenir », sourit-elle. Et c'est vrai ! Exemple avec le collectif paradox-sal, originaire d'Île-de-France. 

Grâce, puissance et émotions

Composée exclusivement de danseuses spécialisées dans la house, un style pratiqué à l'origine dans les clubs de la région parisienne, la troupe déploie une virtuosité à la fois gracieuse et physique. Leur spectacle intitulé Quenn Blood met l'accent sur ce hip hop féminin. 

© Jean-Laurent Serra / France 3 Paris Ile-de-France
© Jean-Laurent Serra / France 3 Paris Ile-de-France

"Vous savez, à l'origine, la house que je pratique est une danse androgyne", explique Ousmane Sy, multiple champion du monde dans cette catégorie avec son groupe Wanted Posse et véritable ambassadeur de la french touch sur les cinq continents. 

"Une certaine vision de la féminité"

C'est lui qui depuis quatre ans maintenant dirige et chorégraphie le collectif féminin de paradox-Sal.  "Elles ont de la grâce, de la puissance et elles sont capables de passer d'une émotion à une autre très rapidement." poursuit Ousmane.

J'aime pas trop les comparer aux garçons car pour moi, c'est pareil ! Elles sont danseuses. Y'a toujours eu des femmes dans le hip hop, sauf que les médias n'en parlaient pas et elles sortaient moins. Car il ne faut pas oublier que c'est une danse qui est née dans la rue, une danse sauvage avec des battles. Elles ne venaient pas danser dans la rue avec nous. Comme on ne les voyait pas, on pensait qu'elles n'existaient pas. Après, elles m'apportent ce que moi je n'ai pas connu avec mon groupe de garçon. Moi, J'ai une certaine vision de la féminité, elles, elles ont le vécu de la féminité, ce qui est très différent.


Depuis sa création, le festival 100% soutient cette danse au féminin, c'est même devenu, une véritable source d'inspiration, une démarche. 

Le Passinho est une danse de ghetto 

Présenté pour la première fois en France, le Passinho est un autre exemple de cet engagement. Cette nouvelle danse virale et frénétique est née dans les favelas de Rio au Brésil. C'est un mélange de samba, de capoeira et de hip hop qui reflète l'état de la jeunesse et de la société brésilienne.

"C'est une danse très puissante, elle utilise un jeu de jambes et de pieds très rapide, c'est comme une danse de ghetto mais comme je suis une chorégraphe de danse contemporaine, j'ai fait un mix des deux", résume Alice ripoll, la chorégraphe du spectacle intitulé Suave qui présente Cinq femmes et cinq femmes issus des favelas.

"C'est une danse très spéciale, elle est contestataire, elle dénonce la violence à rio, la colère mais elle exprime aussi la joie, il y a une sorte de célébration, un style de vie dans les favelas qui est propre à rio de Janeiro", conclut-elle.
Reflet d'une société socialement miséreuse mais culturellement florissante, le Passinho est le miroir d'une jeunesse défavorisée mais riche d'espoir.

Une grande battle de Krump, un autre style de danse contestataire, née dans les années 2000 pendant les révoltes des quartiers pauvres de Los Angeles, clôturera ce festival 100% unisexe.   

Festival 100% hip hop féminin, jusqu'à dimanche. Grande Halle de la Villette. Paris 19ème
En savoir plus : https://lavillette.com/tag/festival-100_t113/1

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