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Fichage ethnique au PSG : l'enquête interne ne relève pas “de cas avéré de discrimination”

Image d'illustration / © IP3 PRESS/MAXPPP
Image d'illustration / © IP3 PRESS/MAXPPP

Les résultats de l'enquête commandée par la direction du club parisien ont été présentées jeudi soir à la ministre des Sports. Le PSG reconnaît l'existence d'un fichage ethnique au cours du recrutement en centre de formation mais affirme qu'il n'a pas aboutit à une sélection discriminatoire. 

Par ML avec AFP

L’enquête, présentée ce jeudi à la ministre des Sports par le directeur général du club, Jean-Claude Blanc, accompagné de Malek Boutih, administrateur de la Fondation Paris Saint-Germain et ancien président de SOS. Racisme. Elle a été « ordonnée par la direction du club et conduite par un cabinet d’avocats » pour évaluer en interne l’existence d’un système de fichage ethnique des recrues du centre de formation. Le 8 novembre, Mediapart et Envoyé Spécial révélaient ainsi l’existence de formulaires permettant de classer les joueurs dans plusieurs catégories ("Français", "Maghrébin", "Antillais", "Africain").
 

Selon Roxana Maracineanu, Jean-Claude Blanc a « reconnu l'existence de fichiers ethniques et [lui] a garanti que ces pratiques n'ont plus cours ».  L'enquête, qui repose sur « l’analyse d’échanges d’e-mails sur une série d'entretiens menés avec les salariés du club en charge du recrutement du centre de formation », conclut toutefois qu’« il n’y a pas eu de cas de discrimination avéré au sein du Paris-Saint-Germain », d’après le club. « Il s'engage sur une nouvelle organisation des processus de sélection et le respect de l'éthique, a ajouté la ministre à l’issue du rendez-vous. Je veillerai à leur mise en œuvre. »
 

Dans un communiqué, le PSG reconnaît « la mise en place de fiches avec un critère d'origine durant la période 2013-2017 », précisant toutefois qu’elles étaient établies « à l'initiative propre du responsable de la cellule Province », Marc Westerloppe (aujourd’hui au Stade rennais). Selon les avocats de celui-ci, entérinant la version du club, Marc Westerloppe « n'a jamais eu un comportement discriminant dans les fonctions qu'il a occupées au PSG ».
 

Pas de "conséquence discriminante"


Une défense mise à mal par un document diffusé par le quotidien spécialisé L’Equipe, qui tend à montrer qu’un système de fichage similaire (bien que les catégories soient différentes) a été utilisé au sein de la cellule Île-de-France. « Des fiches au sein de la cellule Ile-de-France, avec d'autres types de signalement d'origine, ont également été utilisées, sans conséquence discriminante », admet le PSG, qui précise qu’« aucune de ces fiches n’est jamais remontée à la direction générale » et nie un impact sur le recrutement.
 

Mais la seule tenue de ces fichiers est illégale. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) rappelle que la loi « interdit (...) de recueillir et d'enregistrer des informations faisant apparaître, directement ou indirectement, les origines « raciales » ou « ethniques » ». La Ligue des droits de l'Homme (LDH) a ainsi porté plainte contre X pour « discrimination » et « traitement de données à caractère personnel faisant apparaître les origines raciales ou ethniques ».
 

Le Paris Saint-Germain a annoncé « des mesures visant à renforcer les pratiques éthiques », parmi lesquelles d’une « remise à plat du fonctionnement et des process du département Scouting (recrutement) ». Le club propose enfin de « réunir les instances concernées (Ministères, FFF, LFP), les associations et les clubs eux-mêmes pour que des règles communes sur la détection des jeunes talents soient définies et partagées ».
 

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