Après le confinement, ces Franciliens qui envisagent de se mettre au vélo

Avec le coronavirus, nombreux sont ceux qui tenteront d'éviter au maximum les transports en commun. Les différents acteurs du milieu du cyclisme prévoient une forte augmentation du nombre d'adeptes du vélo dans la région.

Le nombre de cyclistes pourrait fortement augmenter après le confinement.
Le nombre de cyclistes pourrait fortement augmenter après le confinement. © IP3 PRESS/MAXPPP
Prendre les transports en commun en pleine crise du coronavirus est une angoisse pour nombre de Franciliens. Certains prévoient donc de se tourner vers d'autres modes de déplacement comme le vélo.

Anne-Solène, une Parisienne âgée de 28 ans, pratiquait le vélo depuis les grèves de décembre 2019. Mais depuis, elle a décidé d'en acquérir un nouveau dès que possible : "Je vais m'acheter un vélo neuf et confortable au sortir du confinement. Je suis même prête à le commander sur internet mais j'aimerais pouvoir l'essayer avant".

Un engouement que sent bien Patrick René, co-fondateur de L'Échappée Belle à Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine) : "Depuis une quinzaine de jours, cela frémit assez sérieusement pour nous. On a plus de demande de renseignements pour des achats de vélo que de réparations".

Selon lui, parmi ces personnes qui envisagent l'achat d'un cycle, "70%, à la louche, ne sont pas des vélotafeurs mais des gens qui n'envisagent pas de reprendre les transports dans les conditions que nous connaissons".  

Des craintes encore tenaces

Ce vendeur de vélos l'affirme : la question n'est pas de savoir s'il y aura une hausse de nombre de cyclistes, mais "dans quelle proportion ?".

Car les grèves pour la défense des retraites de la fin 2019 ont permis d'avoir un premier aperçu de cette tendance. "La première leçon est que l'on va avoir un trafic fois trois ou quatre fois supérieur à la normale. De plus, nous étions en décembre, ce n'est pas le même climat qu'au mois de mai ou juin. Cela permet d'anticiper le volume", pense Jean-Sébastien Catier, porte-parole de l'association Paris en Selle.

Ces événements sont souvent déclencheurs d'un changement des habitudes. Anne-Solène, qui indique avoir une ferme conscience écologique, avait auparavant des réticences à adopter ce mode de transport : "J'avais une première crainte sur la sécurité routière, j'avais peur des voitures. J'avais aussi peur de me faire voler mon vélo d'où l'idée d'acheter un vélo d'occasion au départ".

Des craintes relevées par Jean-Sébastien Catier. "Tout ce qui peut encourager le vélo plutôt que de prendre la voiture ou les transports en commun est bon à prendre. Il y a par exemple trop peu de places de stationnements dans certains endroits comme les quartiers de bureau."
Le réseau Vélopolitain, proposé par plusieurs associations de cyclistes, en 2020.
Le réseau Vélopolitain, proposé par plusieurs associations de cyclistes, en 2020. © Paris en selle
 

Pistes cyclables temporaires

Autre recommandation de l'association Paris en Selle : la mise en place de pistes cyclables temporaires.

Paris a déjà annoncé travailler sur un réseau de pistes cyclables éphémères qui viendrait suivre le parcours des lignes de métro. "Nous visons prioritairement les lignes 1, 4 et 13", précise Christophe Najdovski, adjoint (EELV) à la maire de Paris en charge des transports.

De son côté, la région Île-de-France a annoncé un investissement de 300 millions d'euros pour créer des pistes cyclables provisoires en se focalisant sur le fameux "RER vélo", un projet porté par un collectif d'associations qui suit les principales lignes du RER.
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