Covid-19 : un nouveau protocole sanitaire pour la rentrée scolaire

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Écrit par Emmanuelle Hunzinger
Un nouveau protocole en vigueur pour la rentrée des classes 2021/2022
Un nouveau protocole en vigueur pour la rentrée des classes 2021/2022 © PHOTOPQR/LE COURRIER PICARD/MAXPPP/ Fred Haslin

Dans 2 semaines, les établissements scolaires rouvrent leurs portes. Quel protocole sanitaire attend élèves et professeurs ? En Île-de-France, 11,6 % des moins de 19 ans ont été vaccinés.

"L’école ne doit pas être le talon d’Achille de la stratégie immunitaire". A deux semaines de la rentrée, une trentaine de médecins, chercheurs, enseignants alerte, dans une tribune publiée dans Le Monde, sur la nécessité de protéger les élèves de la Covid-19 et dit attendre "une action ferme".

Le 28 juillet dernier, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale a dévoilé le nouveau protocole sanitaire dans les établissements scolaires pour la rentrée 2021/2022. Il propose 4 scénarii en fonction du niveau de circulation du virus.

Une échelle de couleurs, du vert au rouge

Le nouveau protocole propose 4 niveaux de mesures sanitaires établis en fonction de la circulation du virus, le vert, le jaune, l’orange et le rouge.

Niveau 1 VERT : Cours en présentiel pour tous. Masque à partir du collège. Pas de restrictions d’activités physiques.

Niveau 2 JAUNE : Cours en présentiel. Les activités physiques et sportives en intérieur seront possibles mais avec une distanciation de 2 mètres. Port du masque à compter de l’école élémentaire.

Niveau 3 ORANGE : Cours en présentiel à l'école et au collège. "Hybridation", selon le terme employé par l'Education nationale, soit une alternance présentiel/distantiel pour les lycées. Le brassage à la cantine sera limité dans le primaire. Activités physiques de basse intensité en intérieur.

Niveau 4 ROUGE : Cours en présentiel dans les écoles. L'hybridation deviendra la règle à partir de la 4e. Activités physiques uniquement en extérieur.

En cas de Covid...

Dans les écoles, les classes seront fermées dès le 1er enfant malade. L'apprentissage se fera à distance.

Au collège et au lycée, les élèves cas contact non vaccinés ne pourront pas suivre les cours en présentiel mais à distance pendant une semaine. Les élèves vaccinés pourront continuer de venir en cours. 

Réactions mitigées

Cette annonce ministérielle estivale a satisfait Radouane M’Hamdi, proviseur en Seine-Saint-Denis et Secrétaire départemental du SNPDEN-UNSA, Syndicat National des Personnels de Direction de l'Education Nationale, en Seine-Saint-Denis. "Nous avons toujours réclamé, nous les chefs d’établissement, de la visibilité, que l’on ait des informations en avance pour que l’on puisse s’organiser et sur ce point-là, nous avons eu une réponse favorable. Cela est très positif", affirme-t-il.

Il y a donc un souci d’équité entre les élèves

Radouane M'Hamdi, Secrétaire départemental 93 du SNPDEN

"Néanmoins il reste quelques points qui méritent réflexion. Notamment en cas d’un cas de Covid dans la classe. Les élèves non vaccinés seront en continuité pédagogique pendant 1 semaine. Manquer une semaine n’est pas grave concernant la progression des apprentissages mais si la situation se reproduit plusieurs fois dans le trimestre, l’élève va prendre du retard. Il y a donc un souci d’équité entre les élèves", poursuit-il.

Ce chef d'établissement d'un grand lycée en Seine-Saint-Denis et représentant syndical demande des moyens supplémentaires pour aider les lycéens cas contact et non vaccinés à rattraper leur retard en cas d'absences répétées. "Nous souhaitons qu’ils puissent bénéficier d’heures de rattrapage. La réponse à cette situation d’éviction est d’avoir un volume horaire supplémentaire, en temps et en moyens pour compenser l’absence en présentiel", affirme Radouane M’Hamdi.

Marie-Hélène Plard, Co-secrétaire départementale du SNUipp-FSU, Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC et directrice d'école maternelle en Seine-Saint-Denis dénonce la gestion de la crise sanitaire par le ministre de l'Education.

"Nous abordons cette rentrée dans le flou. On est toujours dans l’attente de savoir quels sont les critères qui vont déterminer les différents niveaux du protocole sanitaire. Quels vont être les indicateurs épidémiologiques pour changer de niveau ? Y aura-t-il une territorialisation des seuils ?", affirme-t-elle.

Et de poursuivre : "Depuis quelques jours les scientifiques alertent sur les cas de Covid des 0/9 ans qui ne sont pas vaccinés. Cet été, il y a eu un certain nombre de clusters dans des colonies de vacances ou des centres aérés. On voit également augmenter les hospitalisations chez les plus jeunes".

Nous ne sommes pas aux premiers mois de la pandémie, les choix faits n’ont pas été ceux d’investir dans le service public d’éducation

Marie-Hélène Plard, co-secrétaire SNUipp 93

"Nous sommes inquiets et las. On regrette il n’y a pas eu d’investissements dans les écoles contrairement à d’autres pays. Les salles de classe ne sont toujours pas équipées de capteurs CO2 ou de purificateurs d’air sauf au bon vouloir des municipalités qui en ont les moyens. On voit que le ministre a préféré fermer des classes, rendre de l’argent à Bercy alors que dans d’autres pays, des classes ont été ouvertes pour rendre possible la distanciation. Investir dans des purificateurs d’air, c’était pendant l’été qu’il fallait le faire, ouvrir d’autres classes pour permettre la distanciation c’était des décisions budgétaires qu’il fallait prendre l’an dernier. Nous ne sommes pas aux premiers mois de la pandémie, les choix faits n’ont pas été ceux d’investir dans le service public d’éducation", déplore-t-elle.

Accélérer la vaccination des 12/17 ans

Le ministre de l'Education nationale souhaite également accélérer la vaccination des élèves et affirme vouloir ouvrir des centres de vaccination à proximité des établissements scolaires, entre 6000 et 7000 en France.

"Les 12-17 ans ont pu beaucoup se vacciner pendant cet été, on a dépassé maintenant les 50% de 12-17 ans primo-vaccinés, on dépasse aussi les 30% de ceux qui ont eu deux (doses de) vaccins. C'est évidemment favorable à une année (scolaire) la plus normale possible", a indiqué ce jeudi 19 août Jean-Michel Blanquer en déplacement dans les Hauts-de-Seine.

En Île-de-France, 11,6 % des moins de 20 ans ont un parcours vaccinal complet soit 2 injections selon les chiffres de l'Assurance Maladie au 8 août dernier. En tête des départements les plus vaccinés, Paris et les Hauts-de-Seine. Les jeunes habitant le Val-d'Oise et la Seine-Saint-Denis sont les moins vaccinés. En France, 12,1 % des moins de 20 ans ont reçu 2 injections.

Ce dimanche 22 août, Jean-Michel Blanquer a annoncé dans le JDD que le protocole de niveau 2 serait retenu pour la rentrée scolaire avec des cours en présentiel dans les écoles, collèges et lycées, le masque obligatoire à l'intérieur dès le primaire, la limitation du brassage et l'aération renforcée.

 

 

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