Exclues à Paris, les trottinettes en libre-service ont le vent en poupe en grande couronne

Les trottinettes arriveront-elles à s'installer durablement dans les départements de la grande couronne ? Alors que début avril, les Parisiens ont voté non au maintien des trottinettes en libre-service. Ce service de mobilité cherche son public dans des villes d’Île-de-France, en particulier en Seine-et-Marne et dans les Yvelines.

"Nous n'avons pas les mêmes équipements de transport urbain que dans la petite couronne ou à Paris", reconnaît Pierre Tebaldini, directeur de cabinet de l’agglomération de Marne et Gondoire."L’idée de proposer un service de trottinettes électriques et des vélos électriques, c’est de venir compléter le réseau de transport", explique-t-il.

La communauté d’agglomération de Marne et Gondoire regroupe 20 communes situées dans le nord de la Seine-et-Marne. On trouve des petits villages, des villes nouvelles comme celle de Marne-la-Vallée, ou des villes plus anciennes comme Lagny-sur-Marne.

"Le dernier kilomètre"

"Notre problème de transport dans l'agglomération est celui du dernier kilomètre, celui qui permet aux gens de rentrer jusque chez eux", résume Pierre Tebaldini."L’idée c’est comment je pousse les gens à prendre les transports en commun, comment je les amène au transport en commun de manière écologique".

La flotte de trottinettes et de vélos électriques dans ce secteur est gérée par l'opérateur TIER Mobility. Les vélos ou les trottinettes sont installés à côté de certains arrêts de bus ou à côté des gares. Dans le système TIER, pas de free-floating, il y a l’obligation de rapporter son véhicule dans un point de stationnement, sinon l’opérateur continuera de facturer utilisation du véhicule tant que celui-ci n’aura pas été rapporté sur la zone de stationnement prévu. "Cela évite que des trottinettes ne soient jetées partout. L’endroit est délimité au sol par un marquage". "Si on ne l’a pas mis au bon endroit et qu’on la laisse toute la nuit, c’est sûr que ça va coûter cher", prévient Pierre Tebaldini.

L'expérience a débuté en janvier 2023

Dans cette communauté d'agglomérations, les trottinettes et vélos en libre-service sont arrivés au début de l’année 2023. "L’exemple parisien a permis de voir ce qui marche", dit Pierre Tebaldini. "Nous nous sommes rendu compte que les gens recherchaient ce mode de déplacement. On note de la part des utilisateurs un usage de ces engins pour des petits trajets à l’intérieur de la commune ou entre deux communes proches".

"C’est vrai que l’expérience de Paris nous a fait réfléchir, nous n’avons pas voulu développer toutes les villes en même temps. À Paris, il y avait peut-être trop d’opérateurs", se questionne Pierre, Tebaldini.

L'opérateur TIER est présent sur quasiment tous les départements de la Grande couronne, à l'exception du Val-d’Oise. "Hors Paris, 4000 véhicules, vélos ou trottinettes sont disponibles pour le public", explique Flavien Mateo, chargé de relation en Île-de-France pour l'opérateur de trottinettes et vélos TIER.

110 vélos et 170 trottinettes

280 véhicules, dont plus de la moitié est des trottinettes, sont déployés sur les 7 villes de la communauté d’agglomérations de Marne et Gondoire. Une soixantaine de stationnements est prévue, surtout aux abords des gares.

"Dans ces sept communes, cela fonctionne très bien", se félicite Flavien Mateo, "On voit que dans les horaires de sorties de bureau, c’est-à-dire entre 16 heures et 19 heures, l'utilisation de nos véhicules est forte hausse par rapport au reste de la journée", explique-t-il.

Selon lui, l'utilisation des véhicules en libre-service doit être simple, et doit permettre de ne pas prendre de voiture pour aller à la gare. "Notre service propose de remplacer le trajet domicile / gare par l’utilisation d’une trottinette, à l’arrivée à la gare des emplacements sont prévus pour stationner facilement la trottinette", résume Flavien Mateo.

Sur le parvis de la gare de Bussy Saint-Georges en Seine-et-Marne, il y a trois emplacements et autres à proximité de la gare. Un emplacement contient de 5 à 20 véhicules.

Pas de Free floating

Pour un meilleur partage de l’espace public et éviter que la trottinette ne traîne sur un trottoir, la société TIER oblige l'utilisateur à garer correctement son véhicule. "Tant que l’utilisateur n’a pas garé sa trottinette sur une zone de stationnement, il continue de payer", explique Flavien Mateo, chargé de relation en Île-de-France pour TIER Mobility.

De plus les trottinettes sont bridées. La loi autorise à rouler à 25 km/h. La société TIER limite la vitesse à 20 km/h sur tous ses véhicules. À proximité des écoles, en utilisant la géolocalisation, la vitesse des engins tombe à 10 km/h.

C'est cette souplesse d'utilisation et la mise en place de contraintes pour pouvoir les conduire qui ont séduit Saint-Quentin-en-Yvelines.

"Avec l’opérateur, nous avons mis un certain nombre de contraintes en place pour réglementer le fonctionnement des trottinettes en libre-service", explique Jean Michel Fourgous, le président de la communauté de Saint-Quentin-en-Yvelines.

Depuis un an et demi, elle accueille 1 500 trottinettes pour 70 000 utilisateurs et plus 1 million et demi de trajets. Les utilisateurs doivent avoir au moins 16 ans, le casque est obligatoire, les trottinettes ont des clignotants, la plaque d’immatriculation est obligatoire pour le contrôle de la police, ils sont bridés à 20 km/h. De plus, grâce au GPS de la trottinette, on peut interdire l'accès à certains lieux. "Par exemple, lorsqu'on arrive sur l’île de loisirs de Saint-Quentin, ça coupe le contact automatiquement", explique l'élu.

"Contrairement à Paris, l'usage de la trottinette n’est pas seulement récréatif, les habitants utilisent les trottinettes pour aller au travail, pour se rendre à la fac ou pour aller prendre le train", explique-t-il. L'élu revendique aussi une culture vélo qui s’installe, à l'image des JO Paris 2024 qui se dérouleront dans leurs communes et qui accueilleront trois sites vélo.

Les trottinettes arrivent à Juvisy dans l'Essonne

TEIR mobility est présent depuis plus d'un an à Viry Châtillon avec 100 trottinettes, 150 viennent d'être déployées à Savigny-sur-Orge et d'autres devraient arriver dans les prochaines semaines à Juvisy, annonce Flavien Mateo. Une zone très urbanisée et "dynamique où le report modal voiture - trottinette est important", précise-t-il.